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Censure sur la "toile": trois correspondants de la BBC témoignent | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International lance une campagne mondiale pour tenter de lutter contre la censure d'Internet par certains gouvernements. Comment ces derniers s'y prennent-ils? Et quelles sont les pressions exercées sur les internautes? Trois pays peuvent servir 'exemples: les correspondants de la BBC sur place donnent des détails. CHINE Voilà pour la version officielle. Mais essayez donc d'accéder au site de la BBC à partir d'un cybercafé en Chine... vous n'y arriverez pas. Sont également inaccessibles (notamment) les sites du New York Times, d'Amnesty International, et d'autres groupes de défense des droits de l'homme. Des sites qui n'ont rien de dangereux ou de pornographique. Le système de contrôle et de censure d'Internet en Chine est probablement le plus élaboré au monde. Depuis quelques années, le gouvernement de Pékin a dépensé des millions de dollars à ériger une version électronique de la grande muraille de Chine... Autrefois, des sites entiers étaient bloqués. Aujourd'hui, il arrive que seules certaines parties de ces sites soient inaccessibles. Censure interne
Voilà pour les sites extérieurs. Quant à Internet en Chine même, l'opération de censure est encore plus importante. Les fournisseurs d'accès (FAI) sont légalement obligés de contrôler de près leurs propres sites et forums de discussion pour empêcher tout contenu "dangereux". Chaque FAI en Chine a, parmi les membres de son personnel, des "policiers du web" qui surveillent ls opérations. De plus, des milliers de contrôleurs employés par l'Etat passent constamment la "toile" chinoise au crible, fermant les sites ou blogues jugés "subversifs". Et si certains persistent à vouloir se servir d'Internet pour critiquer le parti communiste (au pouvoir), les conséquences peuvent être pour le moins fâcheuses. Trois jeunes gens ont été condamnés récemment à des peines de huit à dix ans de prison pour s'être servis d'Internet afin d'envoyer des informations jugées "sensibles" à des sites étrangers. CUBA
Les autorités cubaines ont pour but affiché de faire du pays un facteur avec lequel il faudra compter dans "l'ère numérique", rappelle le correspondant de la BBC dans l'île, Stephen Gibbs. Des milliers de Cubains font des études dans une nouvelle école de technologie informatique dans la banlieue de la Havane. Des clubs de passionnés de l'ordinateur ont été créés dans tout le pays. Et même les plus petites écoles rurales sont en train d'être connectées au réseau. Mais le gouvernement fait tout son possible pour empêcher les Cubains de "naviguer" librements sur la toile. Les magasins de la Havane exposent des ordinateurs dernier cri, mais il est impossible de les acheter sont un permis officiel, qui n'est que rarement délivré. Des restrictions du même ordre frappent ceux qui veulent ouvrir un compte auprès du fournisseur d'accès officiel. Seuls sont exempts les hauts fonctionnaires, les chercheurs scientifiques et universitaires, et les étrangers. Officiellement, ces règlements ont pour but d'assurer qu'Internet à Cuba Obstacles
Certains sites sont bloqués, mais selon les autorités il s'agit de sites "terroristes, xénophobes, ou pornographiques". Les sites basés aux Etats Unis, qui publient des articles de dissidents cubains vivant à l'étranger, sont généralement inaccessibles. Le gouvernement affirme qu'il cherche simplement à "cibler" Internet, à en faire un outil pour les secteurs tels que l'éducation ou la santé. Ce choix de priorités est nécessaire, ajoutent les autorités, en raison des ressources limitées du pays, et la faible bande passante à sa disposition. La responsabilité de ce dernier problème est imputée au gouvernement. En raison de l'embargo commercial imposé par les Etats Unis, Cuba ne peut pas se connecter au réseau mondial par un câcle en fibre optique, et doit utiliser des liens par satellites, qui sont nettement plus onéreux. Des milliers de Cubains arrivent à contourner les restrictions officielles et accèdent à Internet grâceau marché noir. Des fonctionnaires dont les emplois leur permettent de se connecter vendent par exemple leurs mots de pase... Et certains fanatiques de la "bidouille" fabriquent leur propre machine pour se connecter. Et il y a la solution des cybercafés, qui ouvrent leurs portes un peu partout dans l'île. Mais là, la barrière qui se dresse est financière: une demie heure sur Internet coûte 3 dollars. Un prix normal, comparable au reste du monde. Mais quand on sait que le salaire moyen à Cuba n'est que de 15 dollars par mois... EMIRATS ARABES UNIS
Dans ces états du Golfe, la censure vise surtout les sites jugés pornographiques et les critiiques à l'égard des gouvernements de la région. La majorité des habitants de ces émirats se félicitent du blocage de sites pornographiques, souligne Julia Wheeler, la correspondante de la BBC à Dubaï. Mais elle ajoute que la censure plus politique est loin de susciter une aussi large approbation. Dans les émirats, si vous essayez d'accéder à www.uaeprison.com, par exemple; ou à www.arabtimes.com (publié aux Etats Unis) vous obtiendrez un message d'excuses, qui vous expliquera avec courtoisie que les sites en question sont bloqués "parcequ'ils sont incompatibles avec les valeurs religieuses, culturelles, politiques, et morales des Emirats arabes unis". On ne voit pas exactement sur quoi se fonde le fournisseur d'accès Etisilat, qui détient un monopole dans ce domaine, pour juger ce qui est conforme ou non aux valeurs du pays. Et chaque message annonçant qu'un site est bloqué permet aux internautes d'envoyer des commentaires et de dire pourquoi, à leur avis, le site en question devrait être rendu accessible. Pour de nombreux habitants du pays, la censure visant les sites critiques à l'égard des familles au pouvoir dans le Golfe et leur autorité absolue est un anachronisme. Les émirats se développent rapidement, après tout... mais ce développement est plus économique que politique. Reste que certains blogues satiriques, parodiant Dubaï et ses habitants, sont accessibles - c'est le cas de secretdubai.blogspot.com, par exemple, ou de www.dubaienquirer.com ou bien encore de onebigconstructionsite.blogspot.com. Usagers "fichés"
Dans les zones franches (jouissant d'un statut spécial) de Dubaï, les internautes peuvent contourner la censure officielle en passant par un autre réseau mandataire (ou proxy). Les plus avisés ailleurs dans le pays trouvent eux aussi des parades. Mais en mars, il est apparu que les usagers dans les cybercafés pouvaient être "fichés", leur coordonnées retenues dans des registres tenus par les autorités. Explication officielle: la mesure vise à luttter contre la "cyber-criminalité", notamment le piratage informatique et l'envoi de "spam" (ou "pourriels"). Mais la nouvelle a soulevé des inquiétudes pour ce qui est de la protection de la vie privée des internautes.
Le secteur des télécommunication des émirats doit bientôt permettre à une deuxième entreprise (du secteur public) de concurrencer la première. mais il est peu probable que cela change quoi que ce soit pour les sites bloqués. Une des restrictions qui irritent sans doute le plus la population des émirats, composée en majorité de ressortissants étrangers, est le fait de ne pas pouvoir accéder à des sites tels www.skype.com , qui permettent de téléphoner par le biais d'Internet gratuitement, ou à peu de frais. Le blocage est interprété par beaucoup comme relevant de la censure économique, et l'état se voit accusé de continuer de réaliser des bénéfices énormes grâce aux tarifs versés par les travailleurs étrangers quand ils veulent téléphoner à des correspondants dans leurs pays d'origine. | LIENS EXTERIEURS La BBC decline toute responsabilité pour le contenu de sites extérieurs | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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