17 Mars, 2006 - Heure de publication 05:31 GMT
La Cour pénale internationale a tenu sa première audience de procédure, consacrée à son premier prisonnier, le chef de milice congolais Thomas Lubanga
Dyilo, accusé de crimes de guerre pour avoir notamment enrôlé de force des enfants.
"Je suis Thomas Lubanga Dyilo. Je suis né le 29 décembre 1960 . Je suis politicien professionnel", a déclaré en français le prisonnier, interrogé par le président de la chambre, le Français Claude Jorda.
"Nous avons été informés de nos droits", a-t-il indiqué au juge.
Selon l'AFP, Thomas Lubanga, de haute taille, est apparu en costume sombre à rayures, chemise bleue et cravate jaune d'or. Il s'est avancé d'un pas hésitant vers le banc des accusés et a suivi la procédure l'air un peu nerveux.
De l'autre côté de la salle, l'adjoint du procureur, la Gambienne Fatou Bendouda, s'est elle aussi présentée, ainsi que son équipe.
L'avocat provisoire de Thomas Lubanga, le Belge Jean Flamme, a demandé que le mandat d'arrêt congolais contre son client, qui a été arrêté à Kinshasa et qui est resté pendant plus d'un an en détention sans en connaître les motifs, lui soit communiqué.
Prorogation du délai d'appel
Thomas Lubanga, 45 ans, a été assigné à résidence en 2003 et était
incarcéré depuis mars 2005 à Kinshasa.
L'avocat a également demandé une prorogation des cinq jours de délais d'appel contre l'arrestation de son client, afin de pouvoir étudier le contenu du document du procureur sur lequel est fondée cette arrestation.
Le président Jorda a informé le prisonnier de ses droits, notamment d'être remis en liberté en attendant son procès, et l'a interrogé sur ses conditions de détention.
Confirmation des charges
Il a fixé au 27 juin la prochaine audience publique, dite "de confirmation des charges", au cours de laquelle le contenu de l'acte d'accusation sera débattu entre les parties.
Selon les statuts de la Cour, la chambre devra prendre une décision définitive sur le contenu de l'acte d'accusation dans les 60 jours suivant cette audience. La présidence de la CPI désignera alors la chambre de première instance qui étudiera le fond du dossier.
Thomas Lubanga est soupçonné d'avoir commandité des massacres sur des
critères ethniques en Ituri fin 2002 et début 2003, des crimes sur lesquels la CPI enquête depuis juin 2004.
Selon les charges reprises dans son mandat d'arrêt, il doit répondre de "crimes de guerre", consistant en l'"enrôlement" et la "conscription d'enfants de moins de quinze ans", contraints de "participer activement" à des hostilités.