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Le téléscope Salt: l'Afrique du Sud sonde l'espace | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Le Southern African Large Telescope, ou Salt ( traduction approximative: Grand télescope d'Afrique australe), a été inauguré en Afrique du Sud, sur un plateau à quatre heures de route du Cap. L'instrument est le plus grand du genre dans l'hémisphère sud. Nick Miles, de la BBC, est allé le visiter. Le site, qui domine la région environnante, accueille les principaux observatoires astronmiques de l'Afrique du Sud depuis plus d'un demi-siècle, mais la taille du Salt dépasse de loin celle de ses sept prédécesseurs. De plus, sa construction a été financée pour une large part par l'Afrique du Sud elle-même. David Buckley, un des chercheurs responsables du télescope, estime qu'il s'agit d'un "projet modèle pour l'Afrique". Il souligne en effet que le Salt "réunit des astronomes de l'ensemble du continent et du monde entier". Un ensemble étincelant Dans la région, les nuits sont froides. Le soleil se couche, et la température descend au dessous de zéro. David Buckley, dans cet air glacial, se tient debout sur une passerelle métallique, surplombant un ensemble étincelant de 98 miroirs hexagonaux. Dans son talkie-walkie, il s'adresse à un opérateur qui fait démarrer l'alignement du télescope, au début d'une nouvelle nuit qui sera passée à scruter l'espace. L'énorme machine se met lentement en mouvement, et cent tonnes de métal, montées sur des pistons, commencent à tourner sur leur axe. Le toit de l'observatoire, en forme de dôme, s'ouvre. Et des milliers d'étoile voient leur image réfléchie dans le grand lac de miroirs. Un site idéal
Le concept du Salt est, à certains égards, révolutionnaire. "Les coûts de mise au point ont été bien moins importants qu'ils ne le seraient d'habitude pour ce genre de projet", souligne David Buckley, qui ajoute que, pourtant "la résolution de l'image est tout aussi bonne". Le scientifique précise: "nous avons cherché en priorité à pouvoir détecter la lumière à faible longueur d'ondes, ce qui fait que ce télescope est capable de voir des choses qui n'aparaissent pas à d'autres". L'emplacement du Salt est aussi très favorable à ce genre de recherches: à 1500 m d'altitude, sur un plateau à des centaines de kms du centre urbain le plus proche, le site est idéal. La pollution, atmosphérique ou lumineuse, est très faible - conditions quasi parfaites, donc, pour observer l'espace. David Buckley illustre les capacités du télescope par un exemple frappant: "nous serions en mesure de détecter une lumière, telle que la flamme d'une bougie, sur la Lune". L'astronome effectue quelques contrôles sous le grand télescope, s'aventurant dans une véritable jungle de câbles et de pistons. Son collègue Sandisa Siyengo, 23 ans, diplômé de physique, le rejoint. Il est l'un des membres du groupe de jeunes chercheurs noirs qui travaillent à l'observatoire. Leur nombre est encore modeste, mais en augmentation. Sandisa Siyengo rappelle que "pendant des décennies, sous le système de l'apartheid, les Noirs recevaient une déducation de qualité médiocre. Je suis conscient du chemin que nous avons parcouru, et heureux d'avoir l'occasion de collaborer à ce projet". Controverse
Un projet prestigieux pour l'Afrique du Sud. Mais qui aura coûté cher. Le gouvernement sud africain aura dû contribuer dix millions de dollars, soit le tiers du total. Le restant étant versé par des instituts et des universités de par le monde. Or certains Sud Africains se demandent s'il n'aurait pas été préférable de consacrer cet argent à d'autres secteurs de l'éducation. Sakkie Blanchay, porte-parole du parti de l'Alliance démocratique (opposition) pour les questions scientifiques, souligne que "de nombreuses écoles dans notre pays n'ont pas de livres de classe". Et Sakkie Blanchay ajoute qu'il aurait préféré que les millions de dollars consacrés servent à former des nouveaux enseignants, et à Des écoles comme Pelikan Park, dans un quartier pauvre des environ du Cap. Dans la minuscule salle de classe qui fait office de laboratoire pour les cours de sciences naturelles, les livres sont rares, et il n'y a aucun éqsuipement qui permettrait de faire des expériences. On pourrait donc imaginer que les enseignants auraient des réeserves à l'idée de dépenser tant d'argent pour le projet Salt. Mais à Pelikan Park, le sentiment est plutôt positif. Inspirer les jeunes Le directeur de l'école, Loki Kismagani, explique: "les enfants vont visiter le télescope le mois prochai, et je pense que ça les inspirera pour longtemps. Même s'ils reviennent ensuite dans des salles de classe sans bancs ou sans pupîtres, les graines du savoir auront été semées dans leurs esprits". Reste que, pour la classe politique, il n'est pas facile de juger quelle part du budget doit être consacrée à des besoins élémentaires dans le domaine de l'éducation, et quelle part allouer au contraire à des projets de grande envergure, susceptible d'inspirer la population. Mais le gouvernement sud africain pense qu'il a pu trouver un juste milieu. Le ministre responsable des sciences, Mosibudi Mangena, est catégorique: "il est utile d'investir dans le domaine scientifique" selon lui, "parce que les pays qui l'ont fait ont pu sortitr de la pauvreté bien plus rapidement que les autres". "Bien sûr", ajoute le ministre, "nous devons aider les gens qui sont dans la misère. Mais à long terme, il est préférable de former les gens, et de les motiver pour qu'ils puissent s'aider eux-mêmes". | LIENS EXTERIEURS La BBC decline toute responsabilité pour le contenu de sites extérieurs | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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