Par Karim Okanla BBC News, Bénin |  |
 | | | L'Hôtel Palm Beach, à Cotonou, emporté par les eaux | Les dégâts causés par le cyclone Katrina aux Etats-Unis soulignent un peu plus l'urgence de la mise en oeuvre des programmes de protection des côtes de certains pays africains, dont le Bénin, où les côtes sont exposées depuis un certain temps au phénomène de l'érosion.L'avancée de l'Océan Atlantique est visible au Bénin. Le déchaînement des vagues a déjà emporté plusieurs maisons dans le passé, des centaines de personnes vivant dans les zones côtières ont été forcées de quitter leurs lieux de résidence, et les experts estiment qu'une catastrophe est inévitable si des mesures préventives ne sont pas prises dans l'immédiat. Cotonou, la capitale économique du Bénin - avec une population estimée à un peu plus d'un million d'habitants - est située au-dessous du niveau de la mer, tout comme la Nouvelle-Orléans aux Etats unis, et ceci constitue un grand danger pour la ville. Il s'ensuit qu'en cas de fortes inondations, une grande partie de la ville pourrait être submergée par les eaux, voire rayée de la carte. Une autre inquiétude porte sur le fait que la principale route entre Cotonou et Lagos, au Nigéria, est située sur le littoral, ce qui fait qu'en cas d'inondation, cette route pourrait - elle aussi - être emportée par les eaux. Vu l'importance économique que revêt Lagos pour les Béninois, cette éventualité risquerait de poser de gros problèmes à l'économie béninoise. Les investissements dans le secteur du tourisme, en plein essor, pourraient également être menacés. Programme de lutte contre l'érosion C'est ce qui explique que le gouvernement béninois tente de réunir 60 millions de dollars, en vue d'ériger des digues à des endroits stratégiques de la côte, pour protéger la ville contre l'avancée de la mer. Selon un responsable du ministère béninois de l'Environnement, David Houssou, les pays donateurs ont déjà promis de financer le projet à hauteur de 60%. Une réunion est prévue ce mois à Cotonou, pour boucler le financement du projet.Le responsable béninois précise qu'à cause des dégâts causés par l'érosion côtière, le gouvernement envisage de concentrer ses efforts sur la zone située à l'est du port de Cotonou. Les travaux, qui couvriront 7,5 kilomètres de bandes côtières, devraient permettre de sauver les infrastructures et autres investissements réalisés dans la zone. Erosion Dans le périmètre ciblé, l'Hôtel Palm Beach, autrefois lieu de rencontres incontournable pour les Cotonois, illustre parfaitement la nature du problème : une grande partie du bâtiment s'est effondrée, et ses propriétaires n'ont pas l'intention de retourner sur les lieux. Le site sert aujourd'hui de terrain de football pour de jeunes garçons. Timothée Zannou est l'un des jeunes footballeurs que j'ai rencontrés sur cette plage touchée par l'érosion. Il m'a confié que beaucoup d'habitants ont quitté les lieux depuis 2002. Même si les autorités béninoises compotent investir à court terme 60 millions de dollars pour protéger les côtes du pays de l'érosion, cet investissement pourrait bien se révéler insuffisant pour régler la question de manière durable.  | | | Le prélèvement de sable marin aggrave le problème de l'érosion côtière | Selon certains experts, il faudrait en fait des investissements d'une valeur de 500 millions de dollars pour combattre les effets de l'érosion, le long des 125 kilomètres de côtes qui bordent le pays au Sud. Mais au moins, les autorités ne restent pas les bras croisés.Par ailleurs, au chapitre des autres pressions auxquelles sont soumises les côtes béninoises, il faut signaler le prélèvement de sable marin par les professionnels du bâtiment, pour leurs travaux de construction. Une pratique qui selon certains, ne fait que contribuer à aggraver le problème.
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