Le quotidien des réfugiés africains

  • 20 juin 2014
Les réfugiés vivent souvent des dons et doivent reconstruire une vie en raison des conflits dans leurs pays.

La journée mondiale des réfugiés cette année est l'occasion de célébrer les 40 ans de la convention africaine sur les réfugiés alors que des milliers de déplacés fuient les conflits en Centrafrique et au Soudan vers le Tchad et le Cameroun dans des conditions relativement difficiles.

Cette convention élargit la définition des réfugiés en y incluant les victimes des conflits.

Elle a permis en 4 décennies à des millions de personnes fuyant les conflits, les guerres civiles et les violations de droits de l'Homme, de trouver refuge dans des pays voisins sur le continent africain, selon le Haut-Commissariat des réfugiés (HCR).

C'est le cas des sujets installés sur le sol camerounais, en majorité des nigérians et des centrafricains qui ont fui des coups de feu et la violence dans leur pays pour faire face à de nouveaux problèmes.

"Je ressens beaucoup d'émotion quand je parle mais je vais tout de même faire des efforts", a prévenu Marième Bakary qui explose en sanglots chaque fois qu'elle raconte son histoire au Haut-Commissariat des Réfugiés de Douala au Cameroun.

Après avoir repris ses esprits, Marième a déclaré à la BBC qu'elle est partie de Bangui en Décembre 2013 avec ses 9 enfants pour s'installer à Douala au Cameroun en Février.

"Au début c'était très difficile dit-elle, racontant qu'il fallait payer d'avance 6 mois de loyer pour avoir un toit et ce sont les bonnes volontés qui ont rassemblé le nécessaire."

Dans un autre centre d'accueil dans le quartier Bonaloka non loin de l'aéroport international de Douala, une trentaine d'enfants et 35 adultes se partagent une seule toilette et doivent se mettre à 3 ou à 4 pour un lit.

Les femmes centrafricaines rencontrées dans ce centre sont sans emploi et sont nourries comme leurs compatriotes par de généreux bienfaiteurs.

Les statistiques qui recensent globalement les réfugiés ayant fui les violences dans les pays voisins font état de drames familiaux et de nombreuses vies à reconstruire.

Le Tchad accueille près d'un demi-million de réfugiés originaires en majorité de la province soudanaise du Darfour mais aussi de RCA et du Nigeria.

Le réfugié, acteur de développement

Cette année à l'occasion de la journée qui leur est consacrée, le HCR Tchad a choisi de mettre l'accent sur le réfugié comme acteur de développement.

L'Ecole Polytechnique d'Ingénierie, de Commerce et d'Administration (E.P.I.C.A) à N'Djamena accueille quelques 85 étudiants rapatriés de Centrafrique dans plusieurs domaines.

"Nous sommes très intégrés, il n'y a pas de haine, les tchadiens ont été victimes de l'autre côté mais ici, il n'y a pas de marginalisation ou d'esprit d'animosité", a déclaré Malam Moise, coordonnateur du mouvement des étudiants tchadiens dans ce centre d'accueil.

Des dispositions sont prises pour un accueil à long terme des réfugiés installés au Tchad.

"L'état tchadien donne des terres à ceux des réfugiés qui sont des cultivateurs et généralement il se crée un marché dans leur zone de concentration", explique Mamadou Dian Baldé, représentant adjoint du HCR au Tchad, soutenant que le réfugié n'est pas qu'un être passif.

Concernant les blocages de déplacés centrafricains à la frontière, M. Baldé déclare que le Haut-Commissariat travaille avec le gouvernement tchadien pour régler ces quelques incidents.

En 2013, 33,3 millions de personnes, chiffre record jamais enregistré auparavant, ont été déplacées par des conflits armés, des violences et des violations des droits de la personne, selon l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) à Genève.

L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution 55/76 le 4 décembre 2000 et elle a décidé que l'année 2001 marquait le cinquantième anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et que l'Organisation de l'unité africaine (OUA) avait accepté que la Journée internationale des réfugiés coïncide avec la Journée du réfugié africain du 20 juin.

L'Assemblée générale des Nations Unies a décidé par conséquent qu'à compter de 2001, le 20 juin marquerait la Journée mondiale des réfugiés.