Nigéria : un nouvel enlèvement

  • 10 juin 2014
Les ravisseurs ont emmené les victimes vers une destination inconnue

Au moins 20 femmes et 3 hommes ont été enlevés près de Chibok dans le nord du Nigeria, où la secte islamiste Boko Haram a enlevé plus de 200 lycéennes en Avril.

Un ancien résident du village a déclaré à la BBC lundi soir que des hommes vêtus en uniforme de l'armée sont arrivés dans les colonies peuls Garkin près de Chibok, ont menacé avec des armes à feu et sont repartis avec leurs victimes.

Les témoignages ont indiqué qu'elles ont été enlevées dans des camions et conduites vers un lieu inconnu dans l'Etat de Borno.

3 hommes qui tentaient de s'opposer à l'enlèvement ont également été emmenés, selon un agent des groupes locaux d'auto-défense.

Une enquête a été ouverte par les responsables locaux de la sécurité et de l'administration.

L'armée a déclaré à la BBC qu'elle n'était pas au courant de ce nouvel enlèvement.

Cependant,elle dit avoir tué environ 50 insurgés dans des opérations anti-terroristes pendant le week-end dans les Etats de Borno et de l'Adamaoua.

Malgré l'état d'urgence dans une grande partie du nord, l'armée nigériane est sous les feux des critiques des populations qui se plaignent de ne pas être protégées et d’être abandonnées à elles-mêmes pour se défendre toutes seules contre les attaques de la secte Boko Haram.

Des attaques répétées

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2014, 237 lycéennes sont enlevées par des combattants islamistes de Boko Haram à Chibok dans le Nord du pays.

Le 5 mai, le coup de Chibok est revendiqué par Abubakar Shekau, le chef présumé de Boko Haram qui déclare : " J'ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah. Il y a un marché où ils vendent les êtres humains … J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser. Les filles, vous devez quitter l'école et vous marier..."

Le 7 mai, à Warabe, dans l'État de Borno, 8 filles âgées de 12 à 15 ans sont kidnappées par des combattants islamistes.

3 autres sont capturées le même jour à Wala, non loin du premier village.

Les islamistes ont attaqué à plusieurs reprises des établissements scolaires de la région, faisant des victimes tant dans les rangs des élèves que des parents et des enseignants.

Ainsi, le 6 juillet 2013, à Mamudo, des hommes armés massacrent 41 lycéens et un enseignant.

Le 29 septembre, à Gujba, au moins 44 pensionnaires d’un internat sont abattus dans leur dortoir et la nuit du 24 au 25 février 2014, à Buni Yadi, 59 lycéens sont tués dans un autre massacre.

Depuis lors, l’armée nigériane a renforcé ses opérations de déploiement sur le terrain alors que le Nigéria continue de recevoir de multiples appuis et promesses de soutiens de plusieurs pays et organisations de la communauté internationale.