Érythrée : des évêques en colère

  • 9 juin 2014
eglise
L'église catholique romaine est la deuxième plus grande en Erythrée.

Quatre évêques catholiques érythréens ont publié une lettre dénonçant le système politique en vigueur dans le pays - un geste rare dans l'un des Etats les plus contrôlés du monde.

Bien qu'ils aient pris soin de ne pas condamner directement le gouvernement, ils prennent un risque énorme.

Beaucoup de migrants qui se sont noyés au large de Lampedusa l'année dernière venaient de l'Erythrée. Les évêques rappellent l’évènement, en déclarant : "Ils n’auraient eu aucune raison de migrer s’ils vivaient dans un pays agréable."

Les groupes de défense des droits de l'homme ont décrit l'Érythrée comme une "prison géante", la torture y étant très répandue. Amnesty International a déclaré l'an dernier que quelque 10.000 Erythréens avaient été emprisonnés pour des raisons politiques depuis l'indépendance de l'Ethiopie en 1993. Le gouvernement l’a nié.

Les jeunes hommes doivent effectuer leur service national jusqu'à l'âge de 40 ans, ce qui oblige environ 3000 d’entre eux à fuir le pays chaque mois.

Traiter les détenus "humainement" Dans leur lettre, les évêques ont écrit que le pays était devenu "désolant", parce que beaucoup de gens l’avaient quitté ou avaient été "dispersés dans le service [national], l'armée, les centres de réadaptation, les prisons", ne laissant personne pour s'occuper des personnes âgées.

Ils ont aussi affirmé que les Érythréens allaient "dans des pays pacifiques, des pays de justice, de travail, où l'on s'exprime haut et fort, des pays où l'on travaille et l’on gagne". Ils ont ostensiblement déclaré que "tous ceux qui sont arrêtés devraient d'abord être traités avec humanité et bienveillance", puis être présentés au tribunal pour le procès.

La lettre a été signée par les évêques Mengsteab Tesfamariam d'Asmara, Tomas Osman de Barentu, Kidane Yeabio de Keren et Feqremariam Hagos de Segeneiti. Après l'orthodoxe, l'Église catholique romaine est la deuxième plus grande en Érythrée et nos correspondants affirment que l'évêque de la capitale Asmara, en particulier, exerce une influence considérable sur le pays.

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