RDC: flou autour de la mort de Morgan

  • 15 avril 2014
Depuis la déroute des combattants du M23 l'an dernier, les autorités ont appelé chaque milice à se rendre et déposer les armes.

Le chef rebelle Paul Sadala, alias Morgan est mort lundi dans l’Est de la RDC dans des circonstances troubles.

Il venait de se rendre à l'armée en compagnie de plusieurs de ses hommes.

Le chef de guerre avait annoncé sa reddition samedi, et selon le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende, des soldats de l’armée congolaise étaient venus le trouver dans son village pour l’escorter vers un hélicoptère de la Monusco.

L’hélicoptère devait le transporter vers Bunia, le chef-lieu de l’Ituri en Province Orientale.

La suite des événements est confuse et les versions divergent.

Le porte-parole du gouvernement congolais affirme qu’il s'est rendu en compagnie de 7 gardes du corps, et que le reste de ses hommes, 52 au total, sont restés dans le village.

Selon lui, Morgan et ses 7 gardes ont commencé à tirer sur les soldats congolais en cours de route.

L’armée a riposté, et 7 personnes au total sont mortes dans l’échange de tirs dont 2 éléments des fardc (forces gouvernementales) et Morgan lui-même.

Il a succombé suite à ses blessures quelques heures plus tard, une fois à l’aéroport.

Mais le porte-parole de l’armée en Province Orientale affirmait hier à l’AFP que 42 miliciens étaient présents dans l’escorte en compagnie de Morgan.

Selon lui, il y aurait 7 morts au total côté milicien.

Difficile de savoir ce qu’il s’est réellement passé donc, et surtout pourquoi ces miliciens possédaient encore des armes quand ils sont montés dans le véhicule de l’armée congolaise.

Le porte-parole de la Monusco affirme qu’une enquête va être ouverte sur les circonstances de la mort du chef rebelle.

Paul Sadala, alias Morgan, était accusé de nombreuses violations de droits de l’homme notamment des meurtres, enlèvements et viols.

Il était connu entre autres pour avoir tué environ 40 Okapis en une nuit, un geste de contestation contre l’interdiction de cultiver dans les aires protégées où vivent ces animaux.

Les experts de l’ONU soupçonnent que le rebelle bénéficierait de soutiens militaires dans la Province Orientale.