Soudan du Sud: tirs signalés à Juba

‘Nous nous battons pour nos payes », aurait hurlé un soldat depuis l’entrée des casernes de Jebel.

Des coups de feu provenant d’une caserne de l’armée ont été entendus la nuit dernière à Juba.

Le corps d’un soldat fidèle au gouvernement en place serait étendu à l’extérieur de la caserne, selon l’agence Reuters, et les habitants de la zone ont fui leur domicile.

Le gouvernement ne s’est pas encore exprimé au sujet de ces nouvelles violences, mais des sources concordantes parlent d’un conflit ayant trait aux nouveaux modes de paiement des salaires des militaires.

‘Des employés fantômes’

"Nous nous battons pour nos payes », aurait hurlé un soldat depuis l’entrée des casernes de Jebel, au moment où les tirs se faisaient entendre dans la capitale.

Un habitant de la ville a déclaré à la BBC que de la fumée noire était toujours visible au-dessus des bureaux de la direction de la base militaire.

Les troupes loyales au gouvernement ont été déployées en très grand nombre et des barrages routiers ont été mis en place dans les rues environnantes.

L’ambassade américaine à Juba a publié un communiqué, conseillant à ses ressortissants de rester chez eux.

Les tirs ont été entendus dans la même caserne où les combats entre différentes unités de l’armée avaient débuté dans la plus jeune nation africaine, déclenchant un conflit qui a déjà fait quelque 860 000 déplacés.

Casernes communes

Selon le correspondant de la BBC sur place, diverses unités de l’armée sont en fait basées dans des casernes communes.

On ne sait pas exactement l’origine de ce différend, mais les tirs d'artillerie interviennent peu de temps après l’introduction par le gouvernement du Soudan du Sud d’un nouveau système de paiement destiné à endiguer la corruption.

Depuis l’introduction de ce nouveau mode de versement de salaires, les fonctionnaires sont supposés recevoir leur paye en main propre.

Les autorités espèrent ainsi éviter que l’argent ne soit versé à des « employés fantômes » ou à des personnes qui ne viennent pas travailler.

Malgré la signature d’un cessez-le-feu conclu entre rebelles et forces gouvernementales en janvier dernier, les deux parties s’accusent mutuellement de violer l’accord.

Les négociations entre les deux camps, en Ethiopie, sont actuellement suspendues et doivent reprendre le 20 mars.