Bangui: tirs et explosions vers l'aéroport

  • 19 février 2014
mouvement de tension dans les rues de Bangui

La capitale centrafricaine s’est réveillée mercredi avec des tirs nourris et des explosions de roquettes et de grenades aux alentours de l'aéroport où des manifestants ont érigé des barricades.

Selon l’un des correspondants de la BBC, les premiers tirs étaient ceux des soldats de la force africaine (Misca) qui convoyaient leurs compatriotes en partance pour N’Djamena.

Ils auraient essuyé une attaque des miliciens anti-balaka qui attendaient le passage de ces convois dans les quartiers périphériques de l’aéroport.

Les reporters ont ajouté que ces miliciens ont été rejoints par des jeunes qui attendaient le passage des convois dans les quartiers proches de l’aéroport, pour se venger de ces soldats tchadiens qui la veille avaient tiré sur des civils à Damara puis à Bangui, faisant au moins 4 morts et de nombreux blessés selon de nombreux témoignages.

D’autres soldats de la Misca ont été déployés pour apaiser les tensions, disperser les manifestants et ouvrir les voies barricadées.

"Il y’a des résistances mais nous sommes encore là-dessus", a expliqué l’officier en charge de la communication de la Misca à la BBC.

Aucun bilan n’est encore disponible mais il pourrait être lourd selon les habitants car dans le seul dispensaire du site d’accueil de Galabaja dans le 8ème arrondissement, un infirmier affirme avoir enregistré 10 blessés dont 3 cas graves.

De source militaire, les premières barricades ont été érigées mercredi soir sur le boulevard menant à l'aéroport où sont basées les forces Sangaris et Misca.

Des blindés français les ont enlevées à plusieurs reprises, mais dès leur passage terminé, des manifestants les réinstallaient.

Pendant la nuit et en début de matinée, des tirs d'origine indéterminée avaient également été entendus dans le quartier de Boy-Rabe, fief des anti-balaka, et vers la sortie nord de la ville.

La milice anti-balaka, composée en majorité de chrétiens, a pris les armes l'été dernier, au départ pour se défendre des exactions des combattants majoritairement musulmans Séléka au pouvoir, notamment dans les provinces centrafricaines.

Mais rapidement les anti-balaka se sont livrés aussi à des représailles contre les civils musulmans, accusés de complicité avec l'ex-rébellion.

La lutte contre les anti-balaka, auxquels la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a promis de "faire la guerre", est devenue l'une des priorités pour les forces internationales.