RCA: d’ex-Séléka rejoignent les combats

  • 2 février 2014
Des soldats  rwandais de  la MISCA, qui a perdu le contrôle de quelque 200 ex-Séléka
Des soldats rwandais de la MISCA, qui a perdu le contrôle de quelque 200 ex-Séléka

Environ 200 ex-rebelles Séléka regroupés à Sibut, au Nord de Bangui, ont échappé au contrôle des forces internationales et sont allés grossir dimanche les rangs des combattants terrorisant les civils en province.

Selon l’Agence France-Presse (AFP), les combattants avaient accepté samedi d'être cantonnés par des soldats africains et français dans cette ville qu'ils tenaient depuis plusieurs jours, à 180 kilomètres de Bangui, sur l'axe reliant la capitale au Nord du pays.

La présence des ex-Séléka à Sibut avait été décrite comme une menace par le nouveau pouvoir centrafricain. Dans la nuit de samedi à dimanche, ils ont fui en direction de Kaga Bandoro, à 160 kilomètres au Nord, ajoute l’AFP, citant un officier de la Misca, la force militaire déployée par l’Union africaine en Centrafrique.

"Ils ont malheureusement pris la poudre d'escampette dans la nuit. Ce sont les conditions de cantonnement qui, visiblement, ne leur convenaient pas", a-t-il précisé.

Des habitants cachés en brousse depuis l'arrivée de la Séléka se sont réfugiés près des soldats français de l'opération Sangaris lancée en décembre pour mettre fin à l'anarchie en Centrafrique.

La nouvelle présidente centrafricaine Catherine Samba Panza avait accusé vendredi les éléments de l'ex-Séléka regroupés à Sibut de vouloir la "déstabiliser", 10 jours seulement après qu'elle a succédé à Michel Djotodia.

Ce dernier était arrivé au pouvoir à Bangui en mars 2013 à la tête de la Séléka. Il a été forcé à démissionner début janvier pour ne pas avoir su empêcher son pays de sombrer dans le chaos.

Inquiétudes de l'UA

Face aux combattants échappés de Sibut, les 5.500 soldats de la Misca et les 1.600 militaires français, qui peinent déjà à contenir les violences à Bangui, sont trop peu nombreux pour se déployer hors de la capitale centrafricaine.

A Addis-Abeba (Ethiopie), les dirigeants africains, réunis pour discuter du financement de la Misca, n'ont pas caché samedi leur inquiétude face à une situation qui peut "avoir de graves conséquences sur la sécurité et la stabilité régionales".

S'ils n'ont pas annoncé de renforts militaires, les participants du sommet africain ont promis 315 millions de dollars (233 millions d'euros) à la Misca.

L'Union africaine estime qu'il faut 410 millions de dollars pour financer la Misca pendant une année supplémentaire.