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L'Inde est-elle raciste?

Dernière mise à jour: 1 février, 2014 - 11:16 GMT

Sheeba Rani a été rejetée par un certain nombre de ses amis et de ses proches après son mariage avec Sambo Davis, un ressortissant nigérian établi en Inde.

C'est ce qu'affirment bon nombre d'Africains partis en Inde. Depuis plusieurs mois, les actes racistes contre la communauté noire semblent se multiplier.

A New Delhi, les autorités locales accusent ouvertement les Africains d'être impliqués dans des affaires de trafic de drogue et de prostitution, alors même que le ministère des Affaires étrangères tente d'attirer des étudiants et des hommes d'affaires africains.

Avec ses ruelles poussiéreuses et étroites, le quartier de Khirki, au sud de New Delhi, ressemble à la plupart des quartiers pauvres de la capitale indienne.

C'est ici que vit une importante communauté d'immigrés.

Une descente sur un quartier d'immigrés

Khirki n'avait jamais fait la une des médias jusqu'au 15 janvier dernier, jour où les Africains du quartier ont été pris pour cible par le ministre de la Justice de la ville.

Ce jour là, Somnath Bharti, accompagné de plusieurs hommes, fait une descente en pleine nuit dans certains appartements du quartier.

Une Ougandaise, qui souhaite rester anonyme, voit le ministre se présenter chez elle à 2 heures du matin.

Elle a depuis porté plainte, mais refuse de témoigner à visage découvert. La jeune femme vit sous protection policière.

« J'étais chez moi lorsque j'ai entendu quelqu'un frapper à la porte. J'ai vu cinq hommes en civil sur le palier. L'un d'eux m'a giflée et m'a demandé mon billet d'avion retour. Il l'a ensuite déchiré (...) Ils m'ont ensuite accusée de cacher de la drogue (...) m'ont traité de prostituée", explique-t-elle.

Discriminations et actes racistes

La communauté africaine en Inde se plaint d'être de plus en plus victime de discriminations et d'actes racistes.

En juin 2013, la police indienne avait interpellé 21 étudiants congolais après une rixe provoquée par de jeunes Indiens dans le nord du pays.

Et l'année dernière, un Congolais de 25 ans a été abattu en pleine rue, à New Delhi.

La plupart des Africains installés en Inde sont des étudiants, attirés par les frais d'inscription moins élevés qu'en Europe.

Christophe Okito et Seth Ntumba sont deux étudiants congolais. Attablés à la terrasse d'un café, ils confient leur frustration. Christophe Okito n'imaginait pas l'Inde de cette manière.

Seth Ntumba témoigne quant à lui du racisme ordinaire.

Tous les Indiens ne sont pas racistes, constatent néanmoins les deux jeunes.

La cohabitation avec leur propriétaire se passe par exemple bien. Mais une fois leurs études terminées, ils n'envisagent pas de revenir en Inde.

Resserer les liens avec le continent

Le climat hostile que rencontrent certains Africains a de quoi surprendre. Depuis près de 10 ans, le gouvernement indien travaille à resserrer les liens avec le continent.

Lors du sommet Inde-Afrique en 2011, l'Inde avait annoncé l'octroi de 22 000 bourses universitaires à des étudiants africains.

Le commerce bilatéral a atteint 72 milliards de dollars l'année dernière, soit douze fois plus qu'il y a 10 ans. La plupart des grands groupes indiens ont investi en Afrique, dans le secteur automobile et minier, la pharmacie, l'agroalimentaire et les télécommunications.

Mais les discriminations envers la communauté africaine pourraient bien détériorer l'image de l'Inde en Afrique. Les autorités locales semblent pour l'instant impuissantes à endiguer le problème.

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