Bangui : des ennemis fraternisent

  • 12 janvier 2014
Scène de joie à Bangui, à l'annonce de la démission du président Djotodia (archives)
Scène de joie à Bangui, à l'annonce de la démission du président Djotodia (archives)

Des membres des deux groupes ennemis en Centrafrique ont arrêté les combats, après une scène de fraternisation, dimanche à Bangui.

A Bimbo, un quartier de Bangui, des combattants Séléka et des miliciens anti-balaka se sont donné des accolades, ont dit des témoins. Leurs propos ont été confirmés par le chef d'état-major des forces armées centrafricaines, le général Ferdinand Bomboyeke.

Les combattants des deux milices "se sont donné des accolades. Ils ont demandé pardon sous les applaudissements du public", a affirmé Roger Kombo, responsable politique centrafricain, témoin de la scène.

Les combattants des deux camps se sont ensuite rendus ensemble au marché du quartier et ont rouvert la barrière située au PK-9, permettant à la population de circuler à nouveau dans le quartier, a-t-il precise.

"Pas de raison de nous battre"

"Il y a eu des tractations toute la nuit. Tôt ce matin, on s'est rencontré. On s'est dit que nous n'avions pas de raison de nous battre puisque Djotodia est parti, on attend les instructions des futures autorités", a déclaré le commandant des combattants Séléka à Bimbo, le capitaine Souleimane Daouda.

Il s'agit de la première scène de ce type à Bangui, depuis des semaines de sanglantes violences intercommunautaires, qui ont fait plus de 750 morts en décembre 2013, selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

La milice Séléka est majoritairement constituée de musulmans, qui ont chassé François Bozizé du pouvoir en mars 2013. Les anti-balaka sont des chrétiens pour la plupart.

Le président Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye ont été poussés à la démission par les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), lors d’un sommet sur la Centrafrique, jeudi et vendredi à N’Djaména (Tchad). Djotodia s’est rendu samedi au Bénin, où il va rester en exil.

Le président du Parlement centrafricain, Alexandre-Ferdinand Nguendet, assure l’intérim du chef de l’Etat pour 15 jours. Les parlementaires doivent élire un nouveau président, avant l’expiration de ce délai.