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Ouattara sur BBC Afrique

Dernière mise à jour: 12 décembre, 2013 - 13:58 GMT

Le président ivoirien Alassane Ouattara a accordé une interview à BBC Afrique, en marge du Sommet sur la Paix et la Sécurité en Afrique, tenue la semaine dernière à Paris. Dans cet entretien où il parle également de Nelson Mandela, Alassane Ouattara aborde la crise centrafricaine et le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président que retiendrez-vous de Nelson Mandela ?

Nelson Mandela est un modèle. Ce qu’il a réalisé en Afrique du Sud, transformer la haine en amour et faire en sorte qu’un pays totalement divisé puisse se rassembler en si peu de temps c’est une voie qui est tracée pour nous, tous les pays qui ont été en crise, la Côte d’Ivoire en fait parti, nous devons nous en inspirer.

Est-ce que pour la Centrafrique la solution c’est une intervention militaire, française de surcroit ?

Non ce n’est pas une question d’intervention militaire française, il faut mettre de l’ordre dans ce pays, il faut sécuriser les populations, leur amener de l’aide humanitaire, organiser des élections le plus rapidement possible et enfin avoir un Etat, parce qu’aujourd’hui il n’y a pas d’Etat.

Mais plus de 50 ans après les indépendances, compter sur la France sur le plan militaire n’est-ce pas pas un échec de leadership ?

Non ce n’est pas un échec. Vous savez, l’Afrique c’est vaste, nous avons 54 Etats, nous sommes divisés en régions. Prenez l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, nous avons eu le problème du Mali et nous nous sommes engagés très rapidement à faire en sorte que les auteurs du coup d’Etat quittent le pouvoir, nous avons organisé nos armées pour intervenir au Mali, mais au départ ce sont les autorités maliennes qui n’en voulaient pas jusqu’à ce que les choses s’aggravent et ensuite nous sommes intervenus. La France est intervenue au bon moment et la communauté internationale a pris le relais. Un Etat ouest africain également, la Guinée Bissau a eu ses problèmes et personne n’est là-bas sauf la CEDEAO. Nous avons envoyé plus de 630 soldats, nous avons dépensé 65 millions de dollars pour mettre en place une structure de sécurisation, nous sommes en train de faire en sorte que les élections soient organisées par la CEDEAO et les Etats vont se cotiser chacun 20 millions de dollars. Donc ne croyez pas que les chefs d’Etat africains attendent tout simplement que la France ou la communauté internationale volent à notre secours. Mais il y a des cas où c’est dans l’intérêt de tous. Le Mali c’était une situation d’intervention terroriste, il fallait donc des équipements particuliers, il fallait de l’aviation, il fallait des renseignements. Nous n’avons pas encore ces moyens mais nous les aurons.

Il y a eu récemment des allégations d’experts de l’Onu selon lesquelles le pouvoir d’Abidjan a envoyé des hommes au Ghana pour éliminer physiquement des pro-Gbagbo. Qu’avez-vous à répondre ?

Vous savez ces experts doivent être renvoyés de l’Onu, je trouve ça abject, c’est du non sens, c’est n’importe quoi. Le président ghanéen que j’ai vu m’a dit qu’il fera une déclaration. Je pense que les nations unies devraient choisir avec un peu plus de contrôle et de vérification ces soi-disant experts. Tout ce qu’ils disent est mensonger, inacceptable. J’ai donné d’ailleurs copie de mon communiqué de presse au secrétaire général Ban Ki Moon pour lui dire que pour ne pas l’embarrasser je ne fais pas de correspondance publique mais je veux qu’il sache que je ne suis pas contents, les Ghanéens ne sons pas contents, les Libériens ne sont pas contents.

Vous avez fait une tournée dans pays et votre gouvernement est en train de se battre pour que la réconciliation soit une réalité, mais il y a toujours des difficultés. Peut-on dire que vous peinez à faire de sorte que cette réconciliation se concrétise ?

La réconciliation avance bien. J’étais d’abord dans l’ouest avant d’aller au centre. Mais vous savez quand un pays a traversé une telle crise il faut du temps. Regardez tout de même les Etats-Unis quand il y a eu la guerre de sécession, les problèmes entre les Etats-Unis et le Japon à l’occasion de la deuxième guerre mondiale, regardez les problèmes entre l'Allemagne et la France, ça prend des dizaines d’année. En Côte d’Ivoire nous y sommes depuis 2 ans, les populations se parlent, leurs enfants vont à l’école ensemble, ils vont au marché ensemble. Les choses se normalisent et très rapidement, à l’ouest, au centre et surtout à Abidjan où il y a le quart de la population ivoirienne. Nous sommes sur la bonne voie, nous voulons normaliser notre pays, et je dirais que le pays est normalisé. Ma seule ambition maintenant c’est d’améliorer le mieux être des Ivoiriens, le quotidien des Ivoiriens et faire en sorte qu’en 2015 nous ayons des élections totalement démocratiques, dont les résultats seront acceptés par tous et nous permettent de progresser davantage pour devenir un pays émergent j’espère en 2020.

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