Boko Haram classé groupe terroriste

  • 13 novembre 2013
Boko Haram

Les Etats-Unis ont placé le groupe islamiste armé Boko Haram au Nigeria sur sa liste d’organisations terroristes internationales.

L’annonce du département d’Etat américain signifie que les agences de régulation américaines auront l’ordre de bloquer toute transaction commerciale et financière avec Boko Haram.

Soutenir matériellement le groupe devient un crime sous la loi américaine.

Boko Haram veut imposer la loi islamique dans le nord du Nigeria, et est responsable de milliers de morts.

Le groupe a commencé son insurrection en 2009, et cible tant des militaires que des civils, notamment des écoliers, et affronte régulièrement les forces armées nigérianes.

Bien que Boko Haram se concentre essentiellement sur le Nigeria, les Etats-Unis mettent en avant ses liens avec les filiales d’ Al-Qaida en Afrique de l’Ouest et les groupes extrémistes du Mali.

Légitimité

La décision américaine devrait être bien accueillie par le gouvernement du Nigeria, et les associations chrétiennes du pays, qui avaient fait campagne depuis longtemps pour que Washington place Boko Haram sur la liste des organisations terroristes.

L’administration Obama avait jusqu’ici refusé, craignant de donner ainsi une plus grande légitimité à Boko Haram dans les milieux jihadistes internationaux.

Il y a peu de chances que les Etats-Unis identifient les soutiens financiers de Boko Haram, alors que le gouvernement nigérian n’a pas jusqu’ici réussi à les identifier.

L’an dernier, le secrétaire d'Etat américain adjoint chargé de l'Afrique, Johnnie Carson, avait souligné que Boko Haram s’appuyait sur le mécontentement de la population du nord du Nigeria, et que le gouvernement devait adresser les griefs politiques et économiques des Musulmans majoritaires au nord.

Johnnie Carson avait fait état de “contacts et rapprochements croissants entre des éléments de Boko Haram et d’autre groupes extrémistes en Afrique, dont Al-Qaida au Maghreb Islamique.

L’attaque d’un bâtiment de l’ONU à Abuja, la capitale nigériane, en août 2011, a marqué un tournant dans l’attitude américaine face à Boko Haram et à sa capacité à mettre en danger les intérêts américains.

L’an dernier, Lisa Monaco, aujourd’hui conseillère en chef du contre-terrorisme du président Barack Obama, avait envoyé au lettre au département d’Etat indiquant que Boko Haram répondait aux critères pour être placé sur la liste des “organisations terroristes étrangères” car, selon elle, le groupe commettait des actes terroristes qui menacent les Etats-Unis ou ont la capacité ou l’intention de le faire.

Le département d’Etat américain avait ensuite désigné trois chefs présumé de Boko Haram comme “terroristes”, sans désigner ainsi le groupe dans sa totalité.

Depuis l'instauration de l'état d'urgence dans le nord du Nigeria, en mai 2013, des islamistes ont été chassés des villes, mais leurs attaques n'ont pas cessé pour autant.

Les Etats de Yobe, Borno et Adamawa, où l'état d'urgence est en vigueur, ont des frontières communes avec le Niger, le Tchad et le Cameroun.

Depuis le lancement des opérations par l'armée nigériane contre Boko Haram au printemps, plus de 10.000 Nigérians ont fui au Cameroun, dont des membres de Boko Haram.

Et le Nigeria a souvent estimé que le Cameroun servait de refuge aux membres de Boko Haram.