Egypte: les Frères musulmans interdits

  • 23 septembre 2013
L'armée égyptienne explique sa représsion par la lutte contre le "terrorisme".

La justice égyptienne a interdit les activités des Frères musulmans et confisqué leurs biens.

Le jugement rendu par le tribunal au Caire s’applique à la confrérie, à l’ONG créée sous la présidence Morsi et accusée de servir de façade aux Frères, ainsi qu’à "toute organisation qui en émane ou est financée” par les Frères musulmans.

Parmi ces organisations satellites figure notamment le parti de la Liberté et de la Justice, bras politique des Frères musulmans, qui pourrait être interdit après avoir confortablement remporté les premières législatives libres fin 2011, quelques mois après la chute de Hosni Moubarak.

Le tribunal a par ailleurs ordonné au gouvernement de transition de saisir les fonds de la confrérie.

Le jugement représente un nouveau signe de la volonté des autorités d'éradiquer l'influente confrérie de la scène politique, après la destitution par l’armée le 3 juillet du président islamiste Mohamed Morsi, toujours détenu au secret.

Des dizaines de haut responsables des Frères musulmans, dont leur guide suprême Mohamed Badie, ont été arretés, accusés d’incitation à la violence et de meurtre.

Des centaines de manifestants réclamant le retour de Mohamed Morsi, la plupart des Frères musulmans, ont également été tués dans des affrontements avec les forces de l’ordre, qui décrivent leur répression comme une lutte contre le “terrorisme”.

Le mouvement islamiste, vieux de 85 ans, avait été interdit par le pouvoir militaire en 1954, avant de sortir de la clandestinité.

Un haut responsable des Frères musulmans, Ibrahim Mounir, a qualifié le jugement de “décision totalitaire”, mais a assuré que le groupe ne disparaîtrait pas.