Kampala: pas de pourparlers directs

  • 13 septembre 2013
Le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23, entouré de combattants, en avril 2013, à Rumangabo en RDC.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23, revenus mardi à la table des négociations, n'ont toujours pas entamé de pourparlers directs, a reconnu ce vendredi le médiateur ougandais.

"Depuis jeudi, le médiateur a tenu des consultations séparées avec les délégations" pour "construire un consensus", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère ougandais de la Défense, Paddy Ankunda.

"Des progrès ont été faits, et nous espérons que la semaine prochaines (les deux parties et le médiateur) publieront un communiqué commun sur ce qui aura progressé," a-t-il ajouté.

Les pourparlers, qui avaient été interrompus en mai, sont chapeautés par le ministre ougandais de la Défense, Crispus Kiyonga.

Ils sont destinés à mettre fin au conflit qui oppose depuis mai 2012 les rebelles du M23 à l'armée congolaise dans le Nord-Kivu, riche province minière de l'est de la RDC chroniquement instable.

Les chefs d'Etat de la région des Grands Lacs réunis en sommet le 5 septembre avaient exigé la reprise des discussions sous les trois jours et qu'elles soient "conclues dans les 14 jours".

Sécurité “précaire”

Malgré le reprise des négociations à Kampala, et le recul du M23, la sécurité reste "précaire" dans l'est la RDC, a souligné jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU.

Une déclaration du Conseil publiée à l'issue de consultations à huis clos "réaffirme l'inquiétude à propos de la situation de sécurité précaire sur le terrain".

Le Conseil demande une nouvelle fois aux signataires de l'accord-cadre régional "de respecter leurs engagements de bonne foi, ce qui est essentiel pour instaurer une paix et une sécurité durables dans l'est de la RDC et dans la région".

Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil ont entendu un compte-rendu par vidéoconférence de l'émissaire de l'ONU pour les Grands lacs, Mary Robinson, et du chef de la Monusco Martin Kobler sur la situation dans la région, notamment autour de Goma.

Selon des diplomates, Mme Robinson a réitéré qu'il ne devait y avoir ni amnistie ni intégration dans l'armée congolaise pour les membres du M23 et d'autres groupes armés qui auraient commis des violations des droits de l'homme.

Elle a indiqué qu'au cours de sa récente visite à Kigali, elle avait fait part au président Paul Kagamé des accusations de collusion entre le Rwanda et le M23 mais que celui-ci avait répondu "qu'elles étaient sans fondements".

L'ONU et la RDC accusent le Rwanda et l'Ouganda de soutenir militairement le M23, ce que Kigali et Kampala ont toujours démenti.

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