Amr Moussa dirige le Comité des 50

  • 8 septembre 2013
L'ancien secrétaire de la Ligue arabe Amr Moussa a été élu président du comité de révision constitutionnelle.
L'ancien secrétaire de la Ligue arabe, Amr Moussa, a été élu président du comité de la révision de la constitution.

L'ancien candidat à la présidentielle Amr Moussa a été élu dimanche président du "Comité des 50", qui a entamé ses travaux de révision de la Constitution suspendue par l'armée lors de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, début juillet.

Lors de cette session inaugurale qui s'est tenue dans l'enceinte de la Choura (chambre haute), M. Moussa, ancien secrétaire général de la Ligue arabe, a été élu devant Sameh Ashour, président du syndicat des avocats et chef du parti Arabe nassériste.

M. Moussa, qui avait été ministre des Affaires étrangères de Hosni Moubarak, l'a emporté avec 30 voix, contre 16 pour son adversaire et deux abstentions.

"Je suis optimiste: nous allons ouvrir la voie à une nouvelle ère dans le pays dont la constitution sera le fondement", a déclaré M. Moussa.

Il s'est dit attaché à "la justice sociale", aux "droits de l'Homme" et au "pluralisme politique".

La séance était retransmise en direct par la télévision publique.

Composition du comité

L'intellectuel Kamel al-Helbaoui, ancien dirigeant des Frères musulmans dont est issu M. Morsi, la militante des droits de l'Homme Mona El Zoulfaqr et l'éminent médecin Magdy Yaqoub ont été élus présidents adjoints.

L'écrivain Mohamed Salmaoui a été désigné porte-parole de ce comité composé de 50 personnalités principalement issues des courants libéraux et de laïcs de gauche.

Le comité comprend aussi trois représentants de la prestigieuse université d'al-Azhar, trois représentants du clergé et cinq femmes.

Y figurent également des représentants de la société civile, du mouvement Tamarrod --à l'origine des manifestations massives du 30 juin sur lesquelles s'est appuyée l'armée pour déposer M. Morsi le 3 juillet.

Le comité a 60 jours pour remettre la version finale de la Constitution amendée au président par intérim, qui aura alors 30 jours pour annoncer la date d'un référendum.

L'actuelle Constitution avait été adoptée en décembre par référendum mais elle était soupçonnée d'ouvrir la voie à une islamisation de la législation, et sa révision représente l'un des principaux chantiers prévus par la feuille de route présentée par l'armée pour la transition.

Les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, considèrent les nouvelles autorités comme "illégitimes" et ont refusé de participer à la transition.

Le parti salafiste ultra-conservateur al-Nour, le seul parti religieux qui demandait le départ de M. Morsi, n'a pas encore décidé s'il participerait ou non aux travaux du comité.

Fin août, un premier comité composé de quatre professeurs d'université et de six magistrats avait préparé des amendements à la loi fondamentale, sur lesquels le "Comité des 50" doit désormais se prononcer.

Ce sera la troisième fois que la constitution égyptienne sera modifiée depuis la chute du régime de Moubarak début 2011.