CPI: Ruto sera présent à son procès

  • 20 août 2013
Le vice-président, William Ruto, alors ministre de l'Education, lors d'une comparution devant la C.P.I.
Le vice-président, William Ruto, alors ministre de l'Education, lors d'une comparution devant la C.P.I.

Les juges de la Cour pénale internationale ont suspendu mardi la décision qui autorisait le vice-président kényan, William Ruto, à ne pas assister aux audiences de son procès qui doit s'ouvrir le 10 septembre à La Haye.

Le vice-président et le président Uhuru Kenyatta sont poursuivis dans deux procès séparés pour crimes contre l'humanité pour leur responsabilité présumée lors des violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Kibaki fin 2007.

Les juges de la CPI avaient autorisé en juin William Ruto à ne pas être présent à certaines audiences de son procès, invoquant alors les "fonctions exigeantes" de l'accusé.

Fatou Bensouda, procureur de la CPI, avait interjeté appel, insistant que M. Ruto, 46 ans, soit présent tout au long du procès aux côtés de son co-accusé, le présentateur de radio Joshua Arap Sang, 37 ans.

En attendant une décision sur cet appel, les juges ont donc suspendu la décision autorisant l'absence du vice-président kényan.

"La requête pour la suspension (de la décision, ndlr) est accordée", a indiqué la Cour dans un communiqué.

Selon Mme Bensouda, si la chambre d'appel prend une décision en faveur de M. Ruto après le début du procès et qu'il a été absent à certaines audiences, il faudrait alors recommencer les procédures depuis le début.

Une telle décision créerait une "situation irréversible qui ne pourrait pas être corrigée", a-t-elle déclaré.

Elle souligne que certains témoins ne voudraient ou ne pourraient peut-être pas témoigner une seconde fois.

Par ailleurs le vice-président Ruto demande que les audiences de son procès se tiennent à des dates différentes de celles consacrées au président Kenyatta.

En juin, les juges avaient reporté au 12 novembre le procès du président Uhuru Kenyatta.

Ce serait la première fois qu'un chef d'État en fonction se présenterait devant les juges de la CPI.

Ceux-ci avaient aussi rejeté en juillet les appels de M. Ruto pour que le procès se déroule en Afrique.

Les violences qui éclatèrent après la présidentielle de décembre 2007 à avril 2008 ont fait plus de 1.100 morts et au moins 650 000 déplacés.

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