Centrafrique: accusations d'atrocités

  • 17 juillet 2013

Des hommes de la Séléka, l'ex-rébellion qui a pris le pouvoir en Centrafrique, ont commis "plus de 400 meurtres" en quatre mois, a accusé la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme.

L’organisation, qui a effectué une mission internationale d'enquête en Centrafrique du 4 au 13 juillet, estime que “l'ensemble du territoire est toujours aux mains des éléments Séléka dirigés par des seigneurs de guerre centrafricains, tchadiens ou soudanais".

"Les éléments Séléka, dont le nombre estimé à l'origine à 5.000 serait aujourd'hui trois ou quatre fois supérieur, continuent de commettre les crimes les plus graves contre la population civile", selon un communiqué de la FIDH.

L’organisation cite également des viols, des enlèvements de civils, des incendies de villages, des braquages et le racket de la population, et dénonce "des crimes commis en toute impunité".

"En province, où les Séléka ont tous pouvoirs et où l'Etat est complètement absent, aucune justice n'est rendue”, rapporte la FIDH, pour qui "l'Etat centrafricain est aujourd'hui dans l'incapacité de veiller à la protection de la population".

"La population civile est abandonnée aux mains criminelles des Séléka", constate le chef de la mission, Eric Plouvier.

La FIDH appelle la communauté internationale à adopter des sanctions contre les chefs de la Séléka et à désarmer les ex-rebelles.

Elle demande aussi aux Nations unies et à l'Union africaine de “s'engager à la mise en place d'une force internationale" pour "garantir la protection de la population sur l'ensemble du territoire".

A Bangui, la capitale, les cadavres de 5 jeunes hommes ont été découvert en début de semaine dans le fleuve Oubangui. Une source policière citée par l’AFP accuse des éléments de la Séléka.

L’ex-rebellion a pris le pouvoir en mars 2013, renversant le régime du président François Bozizé.

Depuis, le nouveau pouvoir en place peine à rétablir l'ordre.