Tchad: un ex-chef de la police arrêté

  • 15 mai 2013
La ministre de la justice sénégalaise Aminata Touré a signé une convention avec son homologue tchadien le 3 mai 2013.

Les associations de victimes du régime Habré saluent l'arrestation mardi de Mahamat Djibrine, un ancien responsable de la police politique de l'ex-dictateur Hissène Habré, et réclament un procès au Tchad.

Cependant pour l'organisation Human Rights Watch, d'autres tortionnaires présumés sont encore en liberté et devront être eux aussi interpellés.

Mahamat Djibrine, un ancien fonctionnaire de la DDS, la Direction de la documentation et de la sécurité, la police politique d'Hissène Habré, est soupçonné d'avoir pris une part active dans l'arrestation et la disparition de centaines d'opposants entre 1982 1990.

Le 20 mai 1992 la commission d'enquête nationale mise en place deux ans plus tôt par le nouveau pouvoir d'Idriss Deby pour faire la lumière sur les violations des droits humains commises sous la présidence d'Hissein Habré rendait son rapport.

Parmi les noms cités au cours des auditions des victimes, celui de Mahamat Djibrine revient régulièrement.

Selon le président de cette commission, Mahamat Saleh Abakar, celui que l'on surnommait El Djonto, était directement impliqué dans les interrogatoires menés sous la torture.

La maison d'Hissène Habré à Dakar

Plusieurs centaines d'opposants politiques auraient ainsi été éliminés.

Il y a 13 ans Jacqueline Moudeina, présidente de l'association tchadienne pour la défense des Droits de l'homme et avocate des victimes d'Hissein Habré, avait déposé une plainte au Tchad contre plusieurs anciens membres de la police politique.

C'est sur la base de cette plainte que Mahamat Djibrine a été arrêté.

Malgré les soupcons qui pesaient sur lui, il est resté, comme d'autres, en activité au sein de la police.

En 2005 alors qu'il était chef de cabinet du directeur de la police nationale, Mahamat Djibrine avait même été nommé au sein de la police civile de l'ONUCI, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire.

A la suite d'une plainte déposée par l'ONG Human Rights Watch, il avait dû rentrer au Tchad.

Il vient très récemment, au mois de mars, d'être mis en retraite anticipée.

Son arrestation survient après la signature début mai d'un accord d'entr'aide judiciaire entre Dakar et N'Djamena dans le cadre de la préparation de l'organisation du procès d'Hissein Habré.

L'ancien chef d'Etat tchadien (1982-1990), qui est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, de torture et autres violations des Droits de l'Homme, est réfugié au Sénégal.