Patrouilles à Bangui contre les pillards

  • 26 mars 2013
Michel Djotodia
Michel Djotodia s'est exprimé pour la première fois face à la presse lundi soir.

Des patrouilles mixtes composées de la Forc multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et de membres de la Séléka, la coalition des rebelles, parcouraient mardi les rues de Bangui, deux jours après le renversement du président François Bozizé, actuellement réfugié au Cameroun.

L'un des cinq ministres, issus de la Séléka, au sein du gouvernement d'union nationale, participait lui-même à la traque des pilleurs.

De suspects sont arrêtés sans ménagement.

La plupart des marchés de la ville sont restés ouverts, mais on constatait peu d'activités et les prix restent élevés.

En revanche dans le centre-ville tous les magasins sont restés fermés, protégés par des combattants de la Séléka et des gardes privés.

Dans la confusion il est difficile d'établir le bilan des violences depuis l'entrée samedi des rebelles dans la capitale centrafricaine, où le couvre-feu est instauré.

Selon le haut représentant du Comité international de la Croix-Rouge en Centrafrique, Georgios Georgantas, il n'est pas possible pour le moment de donner des chiffres, "mais il y a un nombre important de blessés et de morts".

Le chef de la rébellion centrafricaine Seleka, Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir à Bangui dimanche, a annoncé qu'il allait suspendre la Constitution et légiférer par ordonnances pour conduire la transition du pays, dans un discours à la presse lundi soir.

"J'estime nécessaire de suspendre la Constitution du 27 novembre 2004, de dissoudre l'Assemblée nationale ainsi que le gouvernement".

Ce sont les premières mesures annoncées par le nouvel homme fort du pays depuis la prise de Bangui dimanche.

Michel Djotodia s'accorde une période de transition jusqu'aux prochaines élections prévues en 2016.

Pendant ces trois prochaines années le chef de la rébellion Seleka va légiférer, selon ses propres termes, par ordonnances.

Djotodia a réitéré sa promesse de respecter l'esprit des accords de Libreville.

A ce titre, Nicolas Chongai, le Premier ministre de transition serait maintenu à son poste.

Il devra proposer un autre gouvernement au nouveau président installé par la coalition Séléka.

En revanche, la prise du pouvoir par la rébellion n'a pas reçu l'adoubement de la communauté internationale.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a, je cite "fermement condamné la prise de contrôle par la force" et "demandé la restauration de l'ordre constitutionnel "en Centrafrique.

Ses quinze membres ont assuré dans une déclaration que les responsables d'exactions seront tenus responsables et que ces "crimes" sont passibles de la Cour pénale internationale.

L'Union Africaine a pour sa part suspendu la Centrafrique. L'UA a également imposé des sanctions ciblées contre 7 responsables de la Séléka, Michel Djotodia y compris.

Les Etats-Unis ont condamné "la prise du pouvoir par la force de la coalition Séléka".

Washington qualifie la nomination de son chef, Michel Djotodia, comme président d'acte "hors d'un cadre constitutionnel".

Lire plus