RCA: Ban-ki Moon s'inquiète

  • 25 mars 2013
Le chef du mouvement rebelle, Séléka, Michel Djotodia, le 17 janvier à Bangui.
Le chef du mouvement rebelle, Séléka, Michel Djotodia, le 17 janvier à Bangui.

Le porte-parole de Ban-Ki Moon a exprimé l'inquiétude du secrétaire général de l'ONU sur le respect des droits de l'homme de la part des rebelles entrés à Bangui dimanche.

Après avoir condamné "la prise de pouvoir anticonstitutionnelle intervenue en République centrafricaine", il a affirmé sa volonté de voir les responsables des violations "répondre de leurs actes".

Pour lui, les accords de Libreville restent un socle viable "pour assurer une paix durable et la stabilité dans le pays".

A Washington, le discours est sensiblement le même. Les Etats-Unis se disent "profondément inquiets par la détérioration de la sécurité" et appellent "fortement" les rebelles à soutenir le gouvernement d'union nationale.

Le président François Bozizé a fui la RDC dimanche pour le Cameroun. Il se trouve dans la localité de Batouri à l'est du pays selon plusieurs sources contactées par BBC Afrique.

Le bruit avait couru qu'il s'était réfugié en République démocratique du Congo, mais le porte-parole Lambert Mendé à Kinshasa a démenti.

Il s'est avéré qu'une vingtaine de membres de sa famille et de son entourage se trouvaient à Zongo près de la frontière en territoire congolais.

C'est aussi l'avis des autorités tchadiennes qui dans un communiqué font part de leur préoccupation, appellent à la retenue et estiment que la transition doit être sauvegardée.

Le gouvernement français appelle lui toutes les parties au calme et au dialogue autour du gouvernement d'union nationale", issu des accords de Librevilles conclus le 11 janvier.

Les combattants rebelles sont "en train de se déployer dans l'ensemble de la capitale pour lancer les opérations de sécurisation et éviter les pillages", affirmait dimanche Eric Massi, l'un des porte-paroles de la Séléka à Paris au micro de BBC Afrique.

La Séléka est "prête à travailler avec toutes les forces vives", a-t-il souligné.

Dans la journée de dimanche, la situation s'est dégradée à Bangui, privée d'électricité, où l'on a constaté des pillages après que les rebelles de la Séléka en aient pris le contrôle .

Entrés dans la capitale samedi après-midi, ils se sont emparés dimanche du palais présidentiel, de l'Assemblée nationale, et de la radio nationale.

Notre correspondant à Bangui a constaté des scènes de pillages, notamment de concessionnaires automobiles et de boutiques de téléphones.

Des hommes armés vandalisent les devantures des magasins pour s'emparer de marchandises et des gens viennent ensuite prendre ce qui reste.

"Préserver les accords de Libreville"

Par ailleurs, 350 soldats français ont été envoyés en renfort à Bangui depuis Libreville au cours du week-end pour assurer la protection des ressortissants français et étrangers présents en Centrafrique.

Un premier contingent de 200 hommes, arrivé samedi, a été rejoint par une compagnie de 150 hommes, ce qui porte les effectifs militaires français en République centrafricaine à près de 6.00 hommes.

L'un des chefs de la coalition rebelle, Séléka, et porte-parole, Michel Djotodia, devait faire une déclaration sur les media d'Etat, mais il n'a pu le faire en raison du manque d'électricité.

En effet, Bangui est plongée dans le noir, les hommes du Séléka ayant saccagé les installations techniques dans la localité de Boali lors de leur progression vers la capitale.

De nombreux habitants ont quitté la ville pour se réfugier en République démocratique du Congo et au Cameroun, près de trente mille depuis la reprise des combats la semaine dernière selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies.

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et une dizaine de localités étaient tombées sous sa coupe en quelques semaines avant d'être stoppée sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui.

Des accords de paix signés à Libreville en janvier, avait débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale composé comprenant le camp Bozizé, des opposants politiques et des rebelles.

Mais les rebelles arguant du non-respect des accords par le clan Bozizé, ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi et déclarent vouloir mettre en place un gouvernement de transition s'ils prenaient Bangui.

Pour l'ancien premier ministre Martin Ziguélé, la chute de François Bozizé est due à son entêtement. Il espère que le respect de l'esprit des accords de Libreville permettra de former un nouveau gouvernement inclusif.

Arrivé au pouvoir par les armes en 2003, François Bozizé, avait été réélu président en 2011 lors d'un scrutin contesté par l'opposition.