Des soldats français au Niger

  • 3 février 2013
Le président du Niger, Mahamadou Issoufou
Le président Mahamadou Issoufou visitant un camp d'entraînement à 100 km au nord de Niamey.

Le président du Niger Mahamadou Issoufou a confirmé dimanche que des forces spéciales françaises protégeaient dans son pays des sites miniers d'uranium lors d'une émission sur TV5, co-parrainée par Le Monde et RFI.

"Nous avons décidé, surtout au regard de ce qui s'est passé en Algérie, avec l'attaque du site gazier d'In Amenas, de ne pas prendre de risques et de renforcer la protection des sites miniers", a-t-il expliqué.

Le président du Niger n'a pas révélé le nombre des forces spéciales concernées.

Une dizaine de réservistes des forces spéciales françaises serait venue renforcer la sécurité des sites du groupe nucléaire français Areva au Niger depuis la prise d'otages d'In Amenas (16 au 19 janvier) en Algérie qui s'est soldée par une soixantaine de morts.

Un agent d'Areva à Arlit, site d'extraction d'uranium dans le nord du Niger, a affirmé avoir aperçu la semaine dernière trois 4x4 avec des militaires français à bord" à proximité du site minier, selon une source citée par l'AFP.

La mine d'uranium d'Arlit
La mine d'uranium d'Arlit

Areva, deuxième producteur mondial d'uranium en 2011, exploite ce minerai depuis plus de 40 ans au Niger et prévoit l'inauguration fin 2014 de la mine géante d'Imouraren, sa troisième dans le pays sahélien.

Par ailleurs M. Issoufou a estimé l'intervention française "nécessaire" sinon "les jihadistes seraient à Bamako".

Cependant "le problème n'est pas réglé" après la libération des principales villes du nord du Mali.

L'objectif est "cette guerre est de libérer l'ensemble du Sahel des jihadistes et des trafiquants de drogue", a martelé le dirigeant nigérien.

Par ailleurs le chef de l'Etat a justifié la décision d'autoriser une base pour les drones américains.

Il a rappelé la longue frontière commune du pays avec le Nigeria, où le mouvement radical islamiste, Boko Haram perpétue régulièrement des attentats contre les Chrétiens et attaquent les forces de sécurité dans le nord du pays.

Enfin selon lui la solution aux problèmes du nord du Mali n'est pas l'indépendance mais "la décentralistation pour permettre aux populations de prendre en main leur destin au niveau local".

Le MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) ne représente qu'une minorité des Touaregs, estime-t-il.

Six cent quatre-vingts soldats nigériens participent à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma).

Un certain nombre d'entre eux sont déployés à Gao dans le nord du Mali.