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Les raisons de l'intervention française

Dernière mise à jour: 15 janvier, 2013 - 14:31 GMT

Il serait trompeur de croire que le succès des premiers bombardements de positions et campements des combattants islamistes dans le nord du Mali par l'aviation française conduise à une résolution rapide de la crise.

La prise lundi par les rebelles, venant de Mauritanie, de la localité de Diabali, à seulement 150 kms de Segou, a été un rappel salutaire de l'ampleur de la tâche.

Les autorités françaises n'ont pas exagéré quand elles déclaraient que sans l'intervention militaire, les jihadistes seraient parvenus aux portes de Bamako.

Un tel développement eut été catastrophique non seulement pour le Mali mais aussi pour la stabilité de toute l'Afrique de l'Ouest.

On peut comprendre que le président François Hollande, quand il s'est adressé aux Français, ait souligné le danger pour la sécurité des pays européens, si les groupes islamistes radicaux prenaient le contrôle du pays.

Mais le plus inquiétant aurait été pour l'Afrique et le reste de la communauté internationale qu'un Etat démocratique, stable, se fut effondré sous le choc d'assaults de groupes armés déterminés à exporter leur révolution jihadiste.

Un tel développement eut mis en péril le développement et la sécurité des pays de la région du Sénégal, en passant par le Niger et le Burkina Faso jusqu'à la Guinée.

Même après les premiers succès des armées française et malienne qui ont stoppé l'avance des rebelles, il reste beaucoup de questions en suspens.

Beaucoup d'inconnu

Comment rétablir l'unité et l'autorité de l'Etat malien? Quelles seront les réponses aux revendications des populaitions locales notamment des Touareg? Comment les troupes étrangères et maliennes supporteront les fortes chaleurs si elles doivent combattre dans le désert pendant les mois les plus chauds de l'année?

Ces questions le gouvernement malien, la France et les pays qui ont promis d'envoyer un contingent se les ont déjà posées quand ils commencé à réfléchir sur un plan d'intervention, prévu initialement en septembre pour reconquérir le nord du pays.

La majorité des habitants de Bamako ont approuvé l'intervention française, sachant que l'existence même du Mali était menacée.

Rétablir l'unité et la stabilité du pays, en pleine crise politique et militaire, prendra temps et aura un coût.

Et l'échéancier du plan d'intervention qui avait reçu l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies devra être au moins revu.

Initialement l'idée était que les experts envoyés par l'Union européenne forment les soldats maliens et que progressivement les pays de la Cédéao déploient des contingents.

Parallèlement des élections devaient être organisées dans la partie non occupée du pays pour remplacer le régime de transition, mis en place après le coup d'Etat en 2012 et donner un mandat démocratique au gouvernement.

Seulement alors aurait été déclenchée l'intervention militaire et si les négociations avec les groupes islamistes armées avaient échouées.

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