Les rebelles menacent Bangui

  • 31 décembre 2012
Des soldats de l'armée centrafricaine patrouillent à Bangui, le 31 décembre 2012.

La coalition rebelle en Centrafrique a menacé à nouveau lundi de rentrer dans la capitale Bangui, accusant le pouvoir d’exactions sur la population et les partisans de la rébellion.

"Nous en appelons aux forces africaines de maintien de la paix pour qu'elles interviennent immédiatement dans la capitale pour faire cesser les exactions et assassinats de prisonniers, ou qu'elles ne nous empêchent pas de le faire", a déclaré le porte-parole de la coalition rebelle du Séléka, Eric Massi.

Le Séléka accuse notamment le pouvoir de préparer une offensive "pour attaquer nos positions à revers à partir de Batangafo", ville du nord prise par le Séléka dès le début de son offensive, il y a trois semaines.

Les rebelles ne sont plus qu’à 150km de la capitale, après la prise samedi de la ville de Sibut.

"Il ne fait plus aucun doute que la sincérité des promesses de François Bozizé faites à Yayi Boni n'est pas réelle", a déclaré Eric Massi.

Promesses

Dimanche, le président centrafricain François Bozizé a promis un gouvernement d'union, et a affirmé qu'il ne se représenterait pas à l'échéance de son mandat en 2016, à l'issue d'entretiens avec le président en exercice de l'Union africaine, Boni Yayi à Bangui.

Thomas Boni Yayi, chef de l'Etat béninois et président de l’Union africaine (à gauche), avec François Bozizé, président centrafricain (à droite), à l'aéroport de Bangui le 30 décembre 2012.

"Je suis prêt à former un gouvernement d'union nationale avec le Séléka (l'alliance des groupes rebelles) pour gouverner le pays ensemble, parce que je suis un démocrate", a déclaré le président Bozizé lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec le président Boni Yayi.

François Bozizé "est prêt à se rendre à Libreville ce jour même" si ses pairs le lui demandent, et s'est dit prêt au dialogue sans conditions avec la rébellion, "qui doit conduire à un gouvernement d'union nationale", a affirmé le président béninois qui est reparti de Bangui.

Par ailleurs le président François Bozizé a demandé, toujours lors de la conférence de presse à rencontrer le président français François Hollande "pour débattre des questions profondes qui intéressent la République centrafricaine".

"Je profite de l'occasion pour adresser au président Hollande ma disponibilité pour le rencontrer, si son programme le permets", a déclaré François Bozizé.

Le 27 décembre, le président avait demandé "à nos cousins" (la France et les Etats-unis) "de nous aider".