Somalie: revers pour les shebab

  • 9 décembre 2012
Le porte-parole de l'Amisom, le colonel Ali Houmed
Le porte-parole de l'Amisom, le colonel Ali Houmed, a annoncé la capture de Jowhar.

Les forces gouvernementales et les troupes de l'Amisom ont capturé la ville de Jowhar, la ville la plus importante encore sous contrôle de la milice islamiste des shebab, liée à al-Qaïda. omaLes combattants islamistes n'ont opposé aucune résistance.

"Ce matin nous avons pris le contrôle de Jowhar et nous sommes en train de rétabir la sécurité dans la ville", a déclaré un porte-parole de la Mission en Somalie de l'Union africaine, Amisom, a déclaré l"un de ses porte-parole, Ali Houmed.

Jowhar est située à 90 km au nord de Mogadiscio, la capitale, au coeur d'une riche région agricole, sur un important axe routier reliant le centre du pays au sud.

Les shebabs ont été chassés de la plupart des centres urbains au cours des deux dernières années mais ils contrôlent encore de nombreuses régions rurales dans le pays.

"Nous traquerons les envahisseurs dans et autour de Jowhar", a pour sa part averti, Abdiaziz Abu Musab, porte-parole des shebab.

Il a expliqué que les shebabs s'étaient retirées pour des raisons stratégiques et n'ont pas subi de pertes dans leurs rangs.

Depuis qu'ils ont été chassés en août 2011 de Mogadiscio, les shebab ont sub une série de revers.

Les combattants islamistes sont poussés à se replier alors que les troupes de l'UA avancent sur le terrain pour dégager une route au nord-ouest de Mogadiscio afin de rejoindre Baidoa, contrôlée par l'armée éthiopienne.

Les shebab seraient, selon plusieurs sources, en train de se replier dans la région de Galgala dans les montagnes de Golis, situées dans la région semi-autonomone du Puntland (nord).

Les montagnes de Golis, situées à la frontière poreuse entre les deux Etats autonomes du Puntland et le Somaliland, regorgent de caves difficiles d'accès.

Les troupes kényannes -- qui ont pénétré en Somalie il y a un an avant d'intégrer l'Amisom-- ont également mené des opérations depuis le sud du pays, et ont pris le contrôle d'un autre bastion des shebab, le port stratégique de Kismayo, en septembre.

Mais les shebab demeurent une menace potentielle. Ils mènent des attaques de type guérilla et perpétuent des attentats-suicides dans des zones contrôlées par le gouvernement.

Les shebab contrôlent toujours la petite ville côitière de Barawe, située à environ 180 km au sud de la capitale.

La Somalie est plongée dans le chaos et la guerre civile depuis le renversement du président Siad Barre en 1991.

Le pays dispose de nouvelles institutions -- Parlement, président et gouvernement -- mises en place depuis septembre dernier.

Début décembre, l'ONU a sollicité un milliard d'euros de la communauté internationale pour aider la Somalie à éviter que les prochaines sécheresses ne tournent à la famine, comme celle qui avait fait des dizaines de milliers de morts en 2011.