J’ai tiré sur le président Abdel Aziz

  • 22 octobre 2012
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l'hôpital à Nouakchott, le 14 octobre 2012.

Le soldat mauritanien, présenté comme étant celui qui a tiré par erreur sur le président Mohamed Ould Abdel Aziz, est apparu à la télévision nationale pour expliquer ce qui s'était passé.

Le lieutenant Elhaj Ould H'Moudy montait la garde dans sa base de Tweila, à 40km au nord de la capitale Nouakchott, le 13 octobre, quand la fusillade s’est produite.

"Il était 20H00. Je scrutais l'horizon (...) quand je vis venir vers nous des véhicules. J'en ai informé alors la garnison pour qu'elle prenne ses dispositions et suis monté avec mon compagnon à bord de mon véhicule civil pour aller à leur rencontre", raconte-t-il.

"A quelque 25 mètres d'eux, je m'arrête, leur fais signe de s'arrêter. Le véhicule ralentit, je scrute ses occupants qui étaient enturbannés. Je les suspecte, leur fais signe de descendre sous la menace de mon arme, mais le véhicule me contourne et s'éloigne tout en accélerant".

“Alors, j'ai pris position et ai tiré vers eux", a-t-il ajouté, laissant entendre que le président Aziz se trouvait dans le véhicule sans qu'il le sache.

L'officier affirme avoir été entendu par son état-major qui "a procédé à une reconstruction des faits".

Après cette reconstitution, "on a compris mes bonnes intentions et je n'ai pas été inquiété".

Le chef de l'Etat mauritanien a été dans un premier temps opéré à Nouakchott juste après l'incident, avant d'être évacué le lendemain vers la France où il a été hospitalisé à l'hôpital militaire de Percy-Clamart près de Paris.

De nombreux Mauritaniens soupçonnaient une tentative d’assassinat.

Les tentatives de coup d'état, au moins trois en 10 ans, sont monnaie courante en Mauritanie.