Le Niger et le Burkina à la CIJ

Niger Burkina CIJ
Les audiences se poursuivront jusqu’au 17 octobre et le jugement ne sera pas rendu avant plusieurs mois.

C’est en ‘amis’ que les deux pays se sont présentés, ce matin, devant la Cour internationale de Justice, pour régler un conflit qui empoisonne leurs relations depuis près d’un siècle.

Le Burkina Faso et le Niger demandent aux quinze juges de définir précisément le tracé de leur frontière.

Leur litige porte sur plus de la moitié des 620 km de frontière qui les séparent.

Il y a 25 ans, les deux pays ont mis sur pied une commission technique, mais elle continue d’achopper sur bien des points, alors que le différend complique la situation des citoyens à la frontière, comme le rappelait lors de l’audience de ce matin, Jérome Bougouma le ministre de l’administration territoriale du Burkina Faso.

Le colonisateur français avait bien signé un arrêté en 1927, mais il propose une frontière lapidaire, regrette le Niger, qui dénonce un tracé qui ne tient pas compte des réalités du terrain.

En face, le Burkina souhaite appliquer à la lettre le tracé de l’ancien colonisateur.

Avant même d’accéder à l’indépendance en 1960, ces 300 km de frontières posaient de nombreux problèmes.

Il obligeait les cultivateurs à se soumettre aux tracasseries administratives pour passer la ligne séparant les deux colonies.

Il permettait aussi aux nomades de se soustraire aux impôts, ou au service militaire, en passant d’un côté à l’autre.

Aujourd’hui, ce sont des problèmes judiciaires de citoyens dont la nationalité reste litigieuse, qui opposent le plus souvent les deux Etats, ou encore des incursions armées – et involontaire - sur le territoire du voisin.

Les audiences se poursuivront jusqu’au 17 octobre et le jugement ne sera pas rendu avant plusieurs mois.