
L'ex ministre Bodjona a été mis sous mandat de dépôt
L’ancien ministre de l’administration territoriale et porte-parole du gouvernement togolais, Pascal Bodjona, en garde à vue depuis plus d’une semaine, a été inculpé mardi soir, selon des sources à Lomé.
Les partisans de l’ancien ambassadeur du Togo aux Etats-Unis, ont manifesté leur mécontentement mardi devant les bureaux du substitut du procureur et du doyen des juges, qui l’entendaient.
Pascal Bodjona, l’un des barons du régime actuel, est accusé d’implication présumée dans une affaire d’escroquerie international, de 48 millions de dollars qui s’apparente à un gigantesque scam 419, sur un riche homme d’affaires émirati, Abass Al Youssef, qui a envoyé le nommé Bertin Agba, un homme d’affaires togolais, en prison.
L’homme d’affaires français, Loïc Le-Floch Prigent, aurait été aussi cité dans cette affaire.
Bojona, ancien numéro 2 de l’actuel régime, est considéré par bien de milieux comme l’éminence grise du pouvoir togolais.
Beaucoup d’observateurs voient en Bodjona, le principal architecte de la réélection de Faure Gnassingbe, de même que l’accord politique avec l’UFC de Gilchrist Olympio.
Des sources bien introduites dans la politique togolaise précisent toutefois que les tribulations de ce dernier viendraient plutôt de ses ambitions présidentielles que l’intéressé n’a pas encore annoncées.
Tout comme Faure Gnassingbe, l’actuel président togolais, Pascal Bodjona est originaire du nord du pays…
L’ancien ambassadeur du Togo aux Etats Unis a declaré récemment lors d’une messe de requiem de son père que dans la vie de tout homme, il y a des épreuves devant lesquelles, toute personne doit demeurer ferme !
Cette arrestation intervient dans un climat socio-politique pour le moins tendu au Togo avec des manifestations de protestation à l’égard du pouvoir.
Le Collectif Sauvons le Togo, fer de lance de la contestation, dénonce le déni de démocratie et les coups d’Etat permanents du régime togolais. Il a appelé les citoyens togolais à la désobéissance civile.
Un dialogue initié récemment par le pouvoir, a été boycotté par les formations politiques représentatives de l’opposition du pays, de même que le Collectif Sauvons le Togo.