
Lors d'une visite dans l'Ouest ivoirien en avril, le président Alassane Ouattara avait fait de la sécurité l'une de ses priorités.
Alors que le gouvernement ivoirien et les Nations unies préparent une opération conjointe pour faire la lumière sur les circonstances d'une embuscade vendredi, le bilan s'est alourdi: 8 civils ont été tués en plus des 7 casques bleus, des Nigériens.
Les casques bleus faisaient partie d'une patrouille de reconnaissance dans une région au sud de Taï, proche de la frontière libérienne, où récemment des renforts avaient été dépêchés en raison de rumeurs faisant état de l'imminence d'une attaque contre la population civile.
Le vice-ministre de la Défense, Paul Koffi Koffi, a déclaré que la mission conjointe pour établir qui sont responsables de l'embuscade meurtrière, sera prête lundi, le temps de préparer les forces et rassembler le matériel nécessaire.
Le président Alassane Ouattara aurait demandé que les Nations unies mettent à disposition des hélicoptères d'attaques, qui arriveront lundi.
Le Secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon a vivement condamné cette attaque.
"Je suis profondément attristé et scandalisé. Ces braves soldats sont morts au service de la paix. Mes pensées sont avec les familles en ce moment difficile, et j'ai exprimé mes sincères condoléances au gouvernement nigérien", a-t-il déclaré vendredi soir.
Plus de quarante casques bleus sont toujours sur place pour protéger des villages.
Des centaines d'habitants dans la région ont fui leurs habitations, selon le maire de Taï, Désiré Gnonkonte.
L'Ouest ivoirien n'est toujours pas sécurisé
C'est l'incident le plus meurtrier depuis le déploiement de la Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) en 2004. Elle compte 8.000 personnels, sensiblement le même effectif que la Mission des Nations unies au Liberia (Unamil).
Les 7 soldats qui ont perdu la vie dans cette embuscade appartiennent tous au bataillon nigérien au sein de l'Onuci.
L'Onuci en coordination avec les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, a intensifié ses patrouilles terrestres et aériennes pour sécuriser la frontière ouest du pays, une zone de forêts denses près de la frontière poreuse avec le Liberia.
C'est le véhicule en tête du convoi qui a été essentiellement visé, a affirmé la porte-parole de l'ONUCI, Sylvie van den Wildenberg, qui a reconnu ne pas être en mesure de déterminer quel groupe ou organisation était suspecté.
Les 7 soldats qui ont perdu la vie dans cette embuscade appartiennent tous au bataillon nigérien au sein de l'Onuci.
Selon le ministre ivoirien délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, les assaillants venus du Libéria voisin seraient "des membres de milices ou des mercenaires".
Des milices qui soutenaient le président Laurent Gbagbo, actuellement dans l'attente de son procès à la Haye devant la Cour pénale internationale, se sont échappés au Liberia d'où elles sont accusées de lancer des attaques dans l'Ouest ivoirien.
Cette semaine une organisation de défense des droits de l'Homme a reproché aux autorités libériennes de fermer les yeux sur leurs activités.