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Putsch militaire au Mali

Dernière mise à jour: 22 mars, 2012 - 17:31 GMT

Les mutins ont annoncé avoir mis «fin au régime incompétent» en place à Bamako, avoir dissous «toutes les institutions», suspendu «la Constitution» et décrété un couvre-feu, dans une allocution à la radio-télévision nationale.

Le président malien Amadou Toumani Touré "va bien" et est "en lieu sûr" selon source militaire loyaliste citée par les agences de presse.

Des tirs sporadiques de sommation étaient entendus jusqu'en fin de matinée jeudi dans plusieurs quartiers de Bamako la capitale.

Toutes les activités tournent au ralenti : les commerces, les administrations et les établissements scolaires sont fermés.

Les transports publics sont paralysés et la circulation est très fluide, quelques automobilistes et des motocyclistes sont visibles sur les principales artères.

L'aéroport de Bamako a été fermé et les vols annulés jusqu'à nouvel ordre, a indiqué une source aéroportuaire.

Les civils ont été priés de rester chez eux par les mutins regroupés au sein du comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR).

Le porte-parole des mutins, Amadou Konaré, a déclaré sur les ondes de la radio-télévision nationale que le CNRDRD avait pris ses responsabilités en mettant fin au régime incompétent d'Amadou Toumani Touré.

Les militaires se revoltent contre le manque de moyens pour combattre la rébellion touareg dans le nord du Mali.

Depuis la mi-janvier, le Mali est confronté à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg.

Les putchistes dénoncent aussi les incertudes autour de la présidentielle initialement fixée au mois d'avril.

La junte a promis de remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu dès que le pays serait réunifié et que son intégrité ne serait plus menacée.

Au moins un militaire a été tué.

Des informations contradictoires circulent sur le sort du président Amadou Toumani Touré.

La France suspend sa coopération

Une source militaire loyaliste citée par les agences de presse affirme que Amadou Toumani Touré est dans « un camp militaire » de Bamako « d’où il dirige le commandement ».

Selon une source sécuritaire dans l'entourage de ATT, il serait au camp des Commandos Parachutistes de Djikoroni Para, dans le centre-ville de Bamako.

Plusieurs ministres dont le ministre de l'intérieur ont été arrêtés.

Par ailleurs, un membre du mouvement rebelle touareg du MNLA salue un développement positif, tout en affirmant que Bamako ne l'intéresse pas et que les revendications de la rébellion restent circonscrites au nord du pays.

A l'étranger, la mutinerie suscite inquiétudes et réactions tant de la part des pays voisins, que des grandes puissances impliquées dans la crise malienne.

L'union africaine condamne "fermement cet acte de rébellion".

L'Algérie dit "suivre avec une grande préoccupation la situation au Mali".

La Cédéao, la communauté économique des états de l'Afrique de l'Ouest, rappelle, elle aussi, sa tolérance zéro en la matière.

La France, ex-puissance coloniale, a appelé "au respect de l'ordre constitutionnel" et condamné "tout recours à la violence".

Paris qui a suspendu sa coopération avec Bamako a appelé "au respect de l'intégrité physique" du président Touré.

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