
Julius Malema s'adressant à des supporters à Johannesbourg en octobre 2011.
Julius Malema, le président de la Ligue de la jeunesse de l'ANC a été samedi reconnu coupable en appel d'atteinte à l'image et à la cohésion du parti. En revanche la commission a abandonné l'accusation d'indiscipline.
Il pourra néanmoins à nouveau plaider sa cause devant la commission nationale de discipline, faisant valoir des circonstances atténuantes, afin d'obtenir une réduction de la durée de suspension dont il avait écopé en novembre dernier, a précisé Cyril Ramaphosa, membre influent au sein de l'ANC.
Le jeune responsable politique (30 ans) a été reconnu coupable en appel de deux des trois accusations, retenus contre lui en novembre:
- avoir semé de graves divisions dans le parti
- terni sa réputation en appelant au renversement du gouverment dans le Botwana.
Un tribun controversé
Le chef du mouvement de la jeunesse au sein de l'ANC s'est taillé une réputation par ses positions radicales et un discours anti-Blancs.
Il dénonce le bilan de l'ANC au pouvoir depuis 17 ans, qui selon lui n'a pas su réduire le fossé entre les riches et pauves.
Avec l'aile gauche du parti il réclame la nationalisation des mines et des banques sans compensation.
En septembre 2011, Julius Malema a été condamné pour incitation à la haine raciale pour avoir tenté de ressortir la chanson "Tuez le Boer" (désignant les agriculteurs blancs), un vieil hymne entonné à l'époque de la lutte contre l'apartheid.
Initialement allié du président Zuma, Julius Malema en est devenu l'un des plus farouches adversaires, se moquant ouvertement de lui en public et jouant des rivalités qui rongent le parti dominant.
Ses positions ont fini par inquiéter non seulement les milieux d'affaires et une bonne partie de la population blanche mais aussi des Noirs modérés et enfin la direction de l'ANC.
Ce qui se joue derrière ce débat, est la réélection de Jacob Zuma à la tête de l'ANC lors de son congrès en décembre et au-delà sa candidature à la prochaine présidentielle.