
La CPI va décider du sort de six Kényans objets de deux enquêtes sur les violences post-électorales au Kenya fin 2007-début 2008.
Les juges de la Cour pénale internationale rendront leur décision lundi matin concernant les six suspects poursuivis pour crimes contre l’humanité commis après l’élection présidentielle de décembre 2007 au Kenya.
Les juges devront dire s’ils confirment ou non les charges portées contre les six hommes par le procureur. Ceux contre lesquels les charges seront confirmées seront renvoyés en procès.
Suite à ces violences, le procureur avait lancé deux affaires. L’une contre des membres du Parti national unifié de l’actuel chef de l’Etat, Mwai Kibaki. L’autre contre les opposants, perdants de la présidentielle, du Mouvement démocratique orange.
Très attendue au Kenya, la décision des juges de la CPI pourrait avoir un impact sur la vie politique à Nairobi.
Deux des principaux suspects poursuivis pour crimes contre l’humanité sont en effet des candidats déclarés à la prochaine présidentielle, prévue début 2013 au Kenya. Uhuru Kenyatta, vice premier ministre et ministre des Finances et William Ruto, ex ministre et député, sont en effet poursuivis pour avoir orchestré les violences de décembre 2007, au cours desquelles, selon l’accusation, 1133 personnes avaient trouvé la mort.
Non-lieu ou procès
Plusieurs sources à La Haye indiquent que certains des suspects pourraient bénéficier d’un non-lieu, tandis que d’autres devaient être renvoyés en procès.
Des ONG ont d’ores et déjà fait part de leurs inquiétudes si l’un ou l’autre des deux camps poursuivis par l’accusation devait passer entre les mailles du filet.
Une ONG Kenyanne a aussi demandé que les suspects contre lesquels les juges confirmeront les charges quittent leurs fonctions politiques ou administratives.
Outre Uhuru Kenyatta, l’ex chef de la police, Le général Hussein Ali est lui aussi ciblé et occupe actuellement la direction des postes du Kenya.
Par ailleurs, depuis l’ouverture de l’enquête, le procureur et les représentants des victimes ont affirmé que des témoins avaient été intimidés.
Le renvoi des suspects en procès pourrait donc être suivi de la délivrance de mandats d’arrêt contre ceux visés, car ils auront dès lors accès à l’intégralité du dossier présenté contre eux.