
Oxfam reconnaît avoir réagi avec retard à la famine dans la Corne de l'Afrique.
Les deux organisations humanitaires reconnaissent aussi n'avoir pas pu faire face à temps à la catastrophe alimentaire. qui a couté la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la Cornede l'Afrique.
Le rapport conjoint rendu public mercredi est d'une grande honnêteté.
Ces deux agences ont admis que des signes annonciateurs détectés par un système d'alerte précoce combinant des images satellitaires et des informations recueillies sur le terrain, n’avaient pas été pris suffisamment en compte.
En cause "une culture d'aversion au risque" ayant entraîné un retard de six mois dans l'aide apportée par la communauté internationale.
Selon les agences humanitaires les premières alertes ont été données dès août 2010, mais il a fallu attendre juillet 2011 avant qu'une réponse à grande échelle soit apportée.
Que s'est-il donc passé? Au début de la crise, les gouvernements éthiopiens et kenyans ne voulaient pas reconnaitre l'ampleur de la catastrophe humanitaire.
Mais, les travailleurs humanitaires sur le terrain avaient le sentiment d'avoir vu ce genre de situation plusieurs fois avant mais ils ne sont pas parvenus non plus à convaincre leurs autres collègues de la
gravité de la crise et de l'urgence à agir vite.
Penny Lawrence, le directeur international d'Oxfam a déclaré à la BBC que seul un débat honnête et ouvert permettra d'avancer.
L’attitude d’ouverture et de sincérité des deux organisations est peut-être réconfortante, mais la question est de savoir comment la communauté internationale va répondre aux futures sollicitations
des ONG humanitaires en cas d’alerte et de demande d’assistance.
Ne seront-elles pas accusées de vouloir répandre la peur? C’est un jeu d'équilibre visiblement difficile pour les agences humanitaires.