
Le secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton arrivant à Abidjan où l'accueille le président Ouattara.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a félicité mardi à Abidjan le président Alassane Ouattara pour les progrès accomplis après la crise post électorale meurtrière en Côte d'Ivoire.
Madame Hillary Clinton a aussi lancé un appel au "dialogue".
C'est un "moment historique" pour la Côte d'Ivoire, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse avec Alassane Ouattara, qui l'a reçue au palais présidentiel.
Elle a décerné un satisfecit au nouveau pouvoir, exprimant son "admiration pour les progrès" réalisés et le "retour progressif et porteur d'espérance à la paix et à la sécurité".
La Côte d'Ivoire a été déchirée par une crise, quand le président sortant Laurent Gbabo a refusé de reconnaître les résultats de l'élection.
De décembre 2010 à avril 2011, au moins 3000 personnes ont été tuées.
Les Etats-Unis ont été, avec la France et l'ONU, les principaux alliés d'Alassane Ouattara durant son bras-de-fer avec l'ex-président Laurent Gbagbo, actuellement en prison à la Haye dans l'attente d'un procès devant la Cour pénale internationale.
Elle a cependant averti que "sécuriser ces gains pour la démocratie, la prospérité et la sécurité - pour les gens ici comme pour vos voisins - demandera beaucoup de travail".
"Il sera particulièrement important d'inclure toutes les voix, y compris celles qui sont discordantes, dans le dialogue politique", a-t-elle insisté.
Le dialogue reste très limité entre le nouveau régime - qui proclame son ambition de "réconcilier" les Ivoiriens - et le camp Gbagbo, qui a boycotté les législatives du 11 décembre dernier.
"Nous ne doutons pas, le président Obama et moi-même, que la Côte d'Ivoire peut être de nouveau le moteur de la croissance économique pour les Ivoiriens mais aussi pour la région", a ajouté la secrétaire d'Etat.
De son côté, M. Ouattara a fait part de sa "ferme volonté de construire un Etat de droit, avec une justice impartiale, et respecteux des droits humains".
Il s'agit de la première visite d'un secrétaire d'Etat depuis 1986 en Côte d'Ivoire, première puissance économique d'Afrique de l'Ouest francophone et premier producteur mondial de cacao.
Abidjan et Washington cherchent à renforcer leur coopération en matière de sécurité (face aux groupes jihadistes dans le Sahel, à la piraterie maritime et au trafic de drogue, notamment) et dans le domaine économique.
Les nouvelles autorités ivoiriennes n'entendent pas pour autant négliger les autres partenaires, comme la France et la Chine.
Lundi après-midi Mme Clinton a assisté à l'investiture de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf pour un second mandat à Monrovia.
Arrivée à Lomé elle a effectué la première visite d'un secrétaire d'Etat américain dans l'histoire du Togo.
Elle devait rencontrer le président Faure Gnassingbé.
Le Togo a été élu l'an passé membre non permament du Conseil de sécurité de l'ONU et la secrétaire d'Etat cherchera vraisemblabement à obtenir son appui sur les dossiers iranien et syrien.