
Image du génocide rwandais consécutif à l'attentat de 1994
Selon plusieurs avocats, l'expertise technique sur l'attentat à l'origine du génocide - qui a fait au moins 800.000 morts en 1994 au Rwanda - affaiblit la thèse mettant en cause l'entourage de l'actuel président, Paul Kagamé.
Cette version des faits constituait la conclusion des enquêtes du précédent juge chargé de l'affaire, Jean-Louis Bruguière.
Mais si le camp de Paul Kagamé et ses défenseurs parlent d'une journée "historique", ses détracteurs, dont Jean Luc Habyarimana, fils du défunt président, contestent que la preuve ait été apportée de leur propre culpabilité.
Ils soulignent que les conclusions ne sont pas catégoriques.
Toutefois, les avocats des proches du président rwandais, mis en examen dans cette affaire, estiment que le rapport d'expertise innocente leurs clients ; ils appellent au prononcé d'un non-lieu.
Deux juges français ont présenté lors d'une audience à huis clos cette expertise concernant les tirs de missiles ayant abattu l'avion du président Juvénal Habyarimana.
L'attentat, commis le 6 avril 1994, alors que l'appareil atterissait à Kigali, avait causé la mort de l'ancien chef de l'Etat rwandais, de son homologue burundais et de dix autres personnes.
Parmi les victimes figuraient les membres français de l'équipage, dont les familles ont initié la procédure judiciaire en France.
L'attentat avait marqué le début du génocide rwandais.
Kanombe, site probable
A l'époque, au terme d'un accord prévoyant une trêve, les deux parties en conflit - gouvernement hutu et rébellion tutsie - avaient des bases militaires non loin de l'aéroport.
Selon des sources concordantes, le rapport - réalisé après une visite sur les lieux d'experts et des juges Marc Trévidic et Nathalie Poux en 2010,- conclut que la zone de tir la plus probable est le site de Kanombe, c'est-à-dire le camp de l'armée gouvernementale de l'époque.
Les experts n'exclueraient pas, néanmoins, un périmètre un peu plus étendu.
Selon Jean-Luc Habyarimana, les partisans de son défunt père ne sont pas formellement désignés.
Pour l'heure, aucune source indépendante n'a été en mesure de se prononcer sur la totalité du document.