Les violences visant des musulmans ont provoqué le déplacement de milliers de personnes alors qu'une grève générale paralyse le pays.

La grève se durcit
Des milliers de musulmans vivant dans le sud du Nigeria sont entrain de fuir vers le nord après les récentes attaques contre les chrétiens au nord du pays.
Près de 7.000 personnes ont été déplacées dans des violences visant des musulmans depuis lundi dans la ville de Benin City où une nouvelle mosquée a été en partie incendiée mardi selon Alhaji Badamasi Saleh, l'un des leaders de la communauté haussa. Ces personnes cherchent notamment refuge dans les commissairiats de police et les casernes militaires.
Il s'agit de la première vague de violences visant des musulmans dans le sud du pays depuis que la multiplication ces deux dernières semaines des
attaques contre des chrétiens dans le nord musulman, revendiquées en partie parle groupe islamiste Boko Haram.
Impasse
Des policiers et militaires patrouillent dans les rues de la ville pour tenter de prévenir de nouvelles violences.
Ces violences se déroulent sur fond de grogne sociale.
Des dizaines de milliers de Nigérians sont descendus dans les rues des grandes villes du pays à l'occasion d'une deuxième journée de grève générale, en réaction à la suppresion des subventions sur les carburants ayant entrainé une forte hausse à la pompe.
Les négociations entre les syndicats et le gouvernement du président Goodluck Jonathan restent cependant dans l'impasse.
Goodluck Jonathan a prévenu qu'il ne renoncerait pas à cette réforme.
De l'avis des économistes, les subventions sur le carburant, sources de gaspillages et de corruption, ont permis à un cartel de négociants et d'importateurs de s'enrichir de plusieurs milliards d'euros.