
Le président soudanais el-Béchir en visite à Tripoli et le président du CNT Moustapha Abdeljalil.
Le président Omar el-Béchir en visite à Tripoli a proposé d'aider le conseil national de transition libyen à désarmer les combattants qui ont participé au renversement du régime de Khadafi et à les intégrer dans la nouvelle armée. La visite du chef d'Etat soudanais, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la Cour pénale internationale, est critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme.
Lors de sa première visite à Tripoli depuis que le Conseil national de transition a pris les rênes du pays, le président Béchir a déclaré que la chute de Khadafi était "le meilleur cadeau jamais offert au Soudan" au cours de son histoire contemporaine.
"Les injustices, les agressions et violences ont semé la division au Soudan et ce avec le soutien de Khadafi", a affirmé le président.
Selon lui la Libye avait financé et équipé une attaque meurtrière de Khartoum, menée en 2008 par le Mouvement pour la justice et l'égalité, le JEM, l'un des groupes rebelles au Darfour.
Son chef Khalil Ibrahim, a été tué en décembre par l'armée soudanaise peu après son retour dans le pays.
Quand les rebelles se sont soulevés au printemps dernier contre le régime de Khadafi, le président Béchir les a ouvertement soutenus.
En visite à Khartoum en novembre dernier, le président du Conseil national de la transition, Moustapha Abdeljalil, avait remercié le Soudan, d'avoir fourni des armes et des munitions aux rebelles.
Samedi lors de la conférence de presse conjointe, Omar el-Béchir, a proposé d'aider la Libye à désarmer les milices.
"Nous avons l'expérience d'une intégration réussie d'insurgés aux forces armées ou à la police", a-t-il affirmé.
En ce qui concerne la coopération économique, le président du CNT a annoncé que la Libye prévoyait d'investir au Soudan dans les domaines de l'agriculture et de l'immobilier.
Une visite controversée
Cependant la visite d'Omar el-Béchir a été critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme.
Selon Human Rights Watch, l'accueil réservé au président soudanais faisait "peser un doute sur les engagements du Conseil national de transition à respecter les droits humains et l'état de droit".
Le président Béchir a été inculpé de crimes contre l'humanité commis au Darfour et fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.
La Libye n'a pas ratifié le traité de Rome sur les statuts de la CPI.
Moustapha Abdeljalil a indiqué que Tripoli agirait de concert avec la Ligue arabe et l'Union africaine sur ce dossier.