
Le leader du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, à la proclamation des résultats.
Le parti islamiste modéré Ennahda a remporté les premières élections libres du pays, neuf mois après les soulèvements du printemps arabe.
Les résultats officiels indiquent qu’Ennahda a remporté plus de 41% des voix, s’assurant ainsi 90 des 217 sièges que comptera l’assemblée.
Ennahda a déjà déclaré vouloir former un nouveau gouvernement d'ici un mois.
Après l’annonce des résultats, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville centrale de Sidi Bouzid.
Selon certains rapports, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de personnes qui protestaient contre l'annulation de sièges remportés par le parti de la liste populaire dans six circonscriptions, en raison d’ «irrégularités financières».
Le parti de la liste populaire, dirigé par un homme d'affaires, avait remporté des sièges à Sidi Bouzid.
La ville est le berceau de l'insurrection qui a éclaté il y a neuf mois, après qu’un jeune vendeur de rue s'est immolé par le feu.
Le soulèvement a conduit à la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali.
Rassurer les investisseurs
Les résultats ont été annoncés par le chef des élections en Tunisie, Kamel Jandoubi, lors d'une conférence de presse à Tunis jeudi soir.
Kamel Jandoubi a déclaré que le Congrès pour la République (CPR) - le plus grand parti laïc du pays – est arrivé deuxième avec près de 14% des suffrages, soit 30 sièges à l’assemblée.
Le parti de gauche Ettakatol est arrivé troisième, avec près de 10% des voix, s'assurant ainsi 21 sièges.
Ennahda, qui a été interdit sous l'ancien régime, affirme qu'il a pris exemple sur le parti AK, au pouvoir en Turquie, un autre pays à majorité musulmane qui est resté un État laïc.
Le chef du Parti Ennahda, Rached Ghannouchi, a promis ce jeudi que les droits de chaque Tunisien serait protégé par les nouvelles autorités.
Ennahda a cherché à rassurer les laïcs et les investisseurs - inquiets de la perspective que des islamistes détiennent le pouvoir dans l'un des pays les plus libéraux du monde arabe - en disant qu'il n’interdirait pas l'alcool ou les bikinis sur les plages, et n’imposerait pas la finance islamique.
Le tourisme est une source majeure de revenus pour la Tunisie.