Diabougou, village symbole de la ruée vers l'or au Sénégal
-
Sur le site minier de Diabougou, n'importe qui peut venir, choisir un endroit et creuser une galerie dans le sol, appelée «dama» en malinké, l'une des langues locales. Il faut environ une semaine pour avoir une galerie de plusieurs mètres de profondeur et espérer atteindre le filon découvert sur le site. Mais "trouver de l’or est une question de chance", lance Pascal Dambele, mineur originaire du Mali.
-
Métier à risque. Les galeries peuvent aller jusqu’à 20 ou 30 mètres de profondeur. Mais parfois, les damas s’effondrent. «C'est un métier risqué, selon Sidi Macalou, jeune mineur sénégalais de 20 ans (au premier plan). Les mineurs peuvent être blessés ou tués ». Le plus proche centre médical est à Sadatou, un village à une quarantaine de kms de Diabougou.
-
Fatoumata Keita a 12 ans. Elle est venue du Mali avec sa sœur aînée et sa grand-mère pour travailler. Sa grand-mère prépare des repas pour les chercheurs d’or, et Fatoumata, elle, doit tirer sur la corde qui ramène les pierres du fond du dama. "C’est un travail dur, c’est très lourd", assure-t-elle avant d’ajouter qu’elle préfère de loin aller à l'école. Elle doit y retourner à la fin des vacances scolaires.
-
Une manne pour les locaux. Dans le village de Diabougou, près de la case du chef, un garçon du village écrase des pierres venues du dama. Selon un mineur malien, "Le chef du village reçoit sa part, tout comme l'imam, et le premier à avoir découvert le filon. Les gardes de sécurité du village aussi obtiennent leur part ... Toutes les personnes importantes du village reçoivent quelque chose. C'est pourquoi ils sont riches ici. C'est sur notre dos."
-
Fin de journée au dioura. A Diabougou, certaines règles ont été mises en place sur le site minier situé près du village et appelé "dioura". Le travail se termine à 5 heures, et le vendredi est chômé. Après 18 heures, les motos ne sont pas autorisées à circuler dans le niafa, le campement où vivent les mineurs. Une vingtaine d’agents de sécurité ont été désignés parmi les villageois pour faire appliquer ces règles.
-
Pollution. Les mineurs lavent et traitent l'or au mercure dans la rivière voisine. En conséquence, les eaux sont polluées et la seule source d'eau propre, une pompe à l'entrée du village, ne peut fournir de l’eau potable à tout le monde. Ce n’est là que l’un des revers de la ruée vers l'or. Photos et textes: Laeila Adjovi, BBC Afrique, Dakar
Reportage photo de Laeila Adjovi.












