
La visite du président rwandais a suscité de nombreuses critiques
Le président rwandais est en visite officielle en France pour la première fois. Paris et Kigali tentent de normaliser leurs relations, empoisonnées par le génocide.
Le Rwanda accuse l'armée française d'avoir contribué au massacre de 800 000 Tutsis et Hutu modérés par le régime extrémiste Hutu et ses partisans, en 1994.
Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 2006, après que le juge français, Jean-Louis Bruguière, eût accusé Paul Kagame, à la tête de la rébellion tutsie en 1994, d'avoir été responsable de l'acte qui a déclenché le génocide.
Il s'agit de l'attentat contre l'avion du président rwandais de l'époque, Juvénal Habyarimana.
Les deux parties rejettent ces accusations mutuelles.
Le processus de réconciliation entre Paris et Kigali s'est accéléré avec la visite, en 2010, de Nicolas Sarkozy à Kigali.
Pas d'excuses
Lors de ce voyage, le président français a reconnu les "erreurs" de la France pendant le génocide, sans toutefois présenter officiellement des excuses.
Nicolas Sarkozy avait alors reconnu une "forme d'aveuglement" de la France pour n'avoir pas "vu la dimension génocidaire" du régime rwandais hutu d'alors, avec qui Paris entretenait des liens étroits, notamment militaires.
A son arrivée à Paris, Paul Kagame a rencontré des représentants de la diaspora rwandaise en Europe.
Lundi, le président rwandais a déjeuné avec son homologue au palais de l'Elysée.
A l'issue de la rencontre, Paul Kagame a déclaré "tous les sujets dont nous avons parlé ont été abordés dans le contexte de l'avenir".
Le chef de l'Etat rwandais dit vouloir relancer les relations avec la France sur de nouvelles bases.
"J'ai plaidé pour plus de commerce, plus de partenariat", a insisté Paul Kagame.
La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a indiqué à la BBC que Kigali ne demandait pas d'"excuses" pour le rôle de la France au Rwanda en 1994.