Les chefs d'Etat et les représentants de 18 pays situés dans les bassins forestiers tropicaux se sont rencontrés vendredi à Brazzaville en République du Congo pour renforcer leur coopération.
Ils ont appelé la communauté internationale à augmenter l'aide financière à la protection des forêts afin de lutter contre le changement climatique, sans pour autant parvenir à un accord sur la mise en place d'une organisation permanente, pour coordonner les politiques forestières autour de l'Equateur.
Tapis rouges, musiciens, danseurs : la République du Congo avait étalé toute la pompe des sommets africains comme pour bien montrer que la protection des forêts tropicales fait désormais partie des priorités diplomatiques de 35 pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est invités au sommet de Brazzaville cette semaine.
Mais seule la moitié d'entre eux, majoritairement des pays africains, ont envoyé des émissaires de haut niveau pour signer une déclaration conjointe vendredi.
Les participants ont insisté à la fois sur les services que rendent la forêt à la planète en stockant le carbone lié au changement climatique, et sur les opportunités qu'elle présente pour réduire la pauvreté d'1 milliard et demi de personnes qui vivent de ressources forestières.
Selon un rapport préparé par l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO, la déforestation a diminué d'un quart au cours des dix dernières années, mais elle se poursuit malgré tout à un rythme alarmant.
Politique volontariste
Les pays forestiers ont convenu de tenir des réunions ministérielles régulières et de coordonner leurs positions à l'approche de nouvelles négociations internationales sur le climat et l'environnement en Afrique du Sud en décembre, et au Brésil l'année prochaine.
Ils ont aussi exprimé leur mécontentement face à la faiblesse des financements reçus des pays développés.
"Le sommet de Copenhague de 2009 a pris des décisions en faveur des pays en développement pour le financement des différentes actions d'adaptation et d'atténuation", a déclaré Joseph Kabila, président de République démocratique du Congo.
"Mais ces décisions qui ont été confirmées et formalisées lors de la dernière conférence de Cancun attendent encore d'être appliquées."
Et d’ajouter : "Quant à la République démocratique du Congo, la protection de l'environnement est une politique volontariste. Nous la menons par conviction pour les générations futures malgré les promesses non tenues des pollueurs."
Bharrat Jagdeo, le président du Guyana, qui a lui aussi critiqué le manque de soutien des pays riches, a été nommé ambassadeur itinérant des bassins forestiers tropicaux.
Cependant, la majorité des pays d'Amazonie et de la région Bornéo-Mékong n'ont pas participé au sommet.
D'autres ont envoyé des ministres plutôt que leur président. La signature d'un accord mettant en place une organisation de coopération permanente entre les pays des trois grands bassins forestiers a donc été remise à plus tard.
Cependant, les diplomates et les représentants d'ONG présents à Brazzaville se disaient agréablement surpris par l'avancée des travaux.