Washington et Téhéran contre l'EIIL

  • 17 juin 2014
eiil
Coopération possible avec l’Iran contre "l’offensive terroriste" des rebelles de l’EIIL.

A Washington, Barack Obama considère que les insurgés islamistes menacent la stabilité de l’Iran, de la région, et pourrait aussi menacer les Etats-Unis.

Il est en train d’examiner une série de mesures militaires et diplomatiques proposées par ses conseillers. L’une d’entre elles consisterait curieusement en une alliance avec l’Iran.

Depuis le début de la crise en Irak la semaine dernière, Barack Obama n’a pas encore évoqué lui-même publiquement la possibilité d’une coopération avec l’Iran pour contrer ce qu’il appelle "l’offensive terroriste" des rebelles de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Mais John Kerry, son ministre des Affaires Etrangères, a déclaré lundi que le gouvernement américain était "ouvert" à un dialogue avec l’Iran à propos de l’Irak. Washington "n’écarte rien qui pourrait être constructif", a expliqué le patron du Département d’Etat. A Genève, où les Etats-Unis et l’Iran négocient sur l’avenir du programme nucléaire iranien en compagnie d’autres pays, des diplomates américains et iraniens ont d’ailleurs parlé du dossier irakien lundi soir. Pas de coopération militaire L’idée d’une coopération, même ponctuelle et ciblée, avec l’Iran des ayatollahs est toujours délicate et controversée aux Etats-Unis.

Du reste, le porte-parole de la Maison Blanche et le Département d’Etat tempérent les déclarations de John Kerry. Josh Earnest souligne en effet qu’aucune décision n’a été prise en ce qui concerne une éventuelle coopération entre Washington et Téhéran en Irak, et le Département d’Etat indique que, si une telle coopération était nouée, elle ne serait que politique, et non pas militaire.

obama rouhani
A long terme, les intérêts des deux pays divergent.

Pour autant, une coopération entre les Etats-Unis et l’Iran ne serait pas nouvelle. Il y a 13 ans, Washington et Téhéran avaient en effet déjà collaboré sur la scène internationale et dans une situation de conflit quand leurs intérêts se trouvaient en convergence.

Après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis de George W. Bush et l’Iran des ayatollahs ont ainsi partagé des renseignements militaires pour agir contre les Talibans durant la guerre en Afghanistan, un pays qui a une frontière commune avec l’Iran. Divergences à long terme En Irak aujourd’hui, les intérêts des Etats-Unis et de l’Iran semblent à nouveau se rejoindre, en tout cas leurs intérêts à court terme. L’administration Obama veut éviter que l’ancienne filiale d’Al-Qaïda en Irak ne renverse le gouvernement du Premier Ministre Nouri El-Maliki, que le peuple irakien a élu et que Washington a porté sur les fonts baptismaux. De son côté, le régime chiite en place à Téhéran veut préserver le gouvernement chiite de M. El-Maliki contre les rebelles sunnites.

A long terme, les intérêts des deux pays divergent dans la mesure où Washington insiste auprès de M. Maliki pour qu’il entame un dialogue avec les Irakiens sunnites et pour qu’il les inclut dans son gouvernement. En fait, le président Obama soumet tout soutien américain au gouvernement irakien face à l’EIIL à la condition que le premier ministre tende la main aux Sunnites. "Les Etats-Unis ne s’impliqueront pas dans une action militaire en l’absence d’un plan politique élaboré par les dirigeants irakiens, qui nous donne l’assurance qu’ils sont prêts à travailler ensemble, à faire des compromis", affirme Barack Obama.

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