Ukraine : mises en garde contre Poutine

  • 2 mars 2014
Poutine a reçu de sérieuses mises en garde contre une intervention armée dans la région ukrainienne de Crimée
Poutine a reçu de sérieuses mises en garde contre une intervention armée dans la région ukrainienne de Crimée

Des dirigeants politiques et des diplomatiques occidentaux ont mis en garde le président russe Vladimir Poutine contre une intervention armée en Ukraine.

Ils ont réagi ainsi après que la chambre haute du Parlement russe a approuvé samedi une requête présentée par Poutine en vue d’une intervention militaire de son pays en Ukraine.

La Crimée, une région ukrainienne où vivent des populations russophones, est au cœur de fortes tensions diplomatiques depuis quelques jours. Ces tensions résultent de la destitution du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovicth par le Parlement.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a exigé samedi de son homologue Vladimir Poutine qu'il replie les forces russes déployées en Crimée.

La présence d’une flotte russe en Crimée – en territoire ukrainien – est une "claire violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ce qui est une infraction à la loi internationale, dont les obligations de la Russie au terme de la charte de l'ONU", a déclaré Obama à M. Poutine, selon un communiqué de la présidence américaine.

"Les Etats-Unis condamnent l'intervention russe en territoire ukrainien", affirme-t-elle.

Faire baisser les tensions

Barack Obama a appelé Vladimir Poutine à discuter pacifiquement avec les autorités ukrainiennes de ses inquiétudes sur le traitement des russophones vivant en Ukraine, ajoute la Maison Blanche.

"Les Etats-Unis appellent la Russie à faire baisser les tensions en repliant ses forces dans leurs bases de Crimée et à s'abstenir de toute interférence ailleurs en Ukraine", poursuit la présidence américaine.

"A moins que la Russie ne prenne des mesures immédiates et concrètes pour faire retomber les tensions, l'effet sur les relations entre les Etats-Unis et la Russie et sur la position internationale de la Russie sera profond", a averti John Kerry, le secrétaire d’Etat américain.

La Russie déclare, en rendant compte de l’entretien de Poutine avec Obama, qu’elle se donnait le droit de "protéger ses intérêts et les populations russophones" en cas de "violences" dans l'est de l'Ukraine et en Crimée.

La présidence russe fait état, pour sa part, d’une "vraie menace pesant sur les vies et la santé des citoyens russes sur le territoire d'Ukraine". Elle dénonce aussi "les actions criminelles des ultranationalistes soutenus par les actuelles autorités à Kiev".

De son côté, la France souhaite "que soit suspendue la préparation du G8 de Sotchi" prévu en juin prochain, dans cette ville russe.

"Nous condamnons l'escalade militaire russe et souhaitons que soit organisée dans les meilleurs délais une médiation, soit directement entre

Russes et Ukrainiens, soit par l'intermédiaire de l'ONU ou de l'OSCE", l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a déclaré Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.

"La France souhaite que soit suspendue la préparation du G8 de Sotchi, tant que nos partenaires russes ne sont pas revenus à des principes conformes à ceux du G7 et du G8", a-t-il ajouté.

"Nous appelons de toute urgence la Russie à s'abstenir de toute atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier", estimant qu'"une nouvelle division de l'Europe peut encore être évitée".

Les Etats-Unis et le Canada ont déjà fait savoir qu'ils pourraient ne pas se rendre au G8 de Sotchi, en Russie, en raison des menaces russes d'intervenir militairement en Ukraine.

Selon l'ambassadrice du Luxembourgeoise à l’ONU, Sylvie Lucas, qui préside le conseil de sécurité en mars, les 15 pays membres ont "souligné la nécessité de faire baisser la tension" entre la Russie et les grandes puissances, au sujet de l’Ukraine.

"Les discussions vont se poursuivre sur la manière d'y parvenir", a-t-elle ajouté lors d’une réunion d’urgence de l’ONU sur l’Ukraine, samedi à New York.

Aucune justification

La Russie n'a fourni "aucune justification pour ses activités militaires en Crimée ou dans le reste de l'Ukraine", a soutenu l’ambassadeur du Royaume-Uni à l’ONU, Mark Lyall Grant.

Son homologue ukrainien Iouri Sergueyev a exhorté le conseil de sécurité de l’ONU –-- au sein duquel la Russie détient un droit de veto --- à arrêter "l'agression" de la Russie en Crimée.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter l'agression de la Fédération russe en Ukraine", a déclaré M. Sergueyev.

Selon l’Aagence France-Presse (AFP), le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé au téléphone samedi le président russe pour "l'inviter à entamer d'urgence un dialogue direct avec les autorités de Kiev".

"Il est essentiel de rétablir le calme et de faire immédiatement baisser la tension", a-t-il dit.

Le président polonais Bronislaw Komorowski a dit que son pays "pourrait se sentir menacé par une potentielle intervention militaire russe" en Ukraine, pays avec lequel la Pologne partage une frontière.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a elle aussi demandé samedi à la Russie de renoncer à une intervention militaire en Ukraine.