Premières armes chimiques détruites

  • 6 octobre 2013
Un expert de l'Onu faisant des prélèvement de substances après l'attaque dans la région de Ghouta,à l'est de Damas.
Un expert de l'Onu faisant des prélèvement de substances après l'attaque à l'arme chimique dans la région de Ghouta,à l'est de Damas.

Les experts et inspecteurs en désarmement chimique ont commencé dimanche la destruction de l'arsenal syrien en application d'une résolution de l'ONU.

Des membres de la mission conjointe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l'ONU "se sont rendus sur un site où ils entament la vérification et la destruction" des armes.

Les experts ont pour mission de détruire un arsenal estimé à mille tonnes, dont des centaines de gaz moutarde ou encore de gaz sarin, réparties dans des dizaines de sites.

C'est la première fois qu'une telle opération est menée dans un pays en guerre.

L'équipe est chargée de faire appliquer la résolution 2118 du Conseil de sécurité, la première votée sur le conflit syrien grâce à un accord russo-américain prévoyant le désarmement chimique du pays d'ici mi-2014.

Cet accord a éloigné la menace des frappes américaines contre le régime, après l'attaque du 21 août attribuée aux forces syriennes par l'Occident et l'opposition.

Selon Washington une attaque à l'arme chimique dans la région de la Ghouta, près de Damas, aurait fait 1400 morts dont plusieurs centaines d'enfants.

Dans une interview à l'hebdomadaire allemand Spiegel, le président Bachar al-Assad a nié encore une fois toute responsabilité dans cette attaque.

Il a par ailleurs affirmé que son gouvernement co-opérait avec l'équipe de l'OIAC et de l'ONU arrivée mardi en Syrie.

Deuxième phase du programe

Au cours de cette première journée de la deuxième phase du programme des ogives de missiles, bombes chimiques ainsi que les mélangeurs et les unités mobiles et fixes de remplissage ont été détruits ou dé-activés.

Si le programme se poursuit normalement, la Syrie ne devrait plus être en mesure de fabriquer des gaz toxiques (sarin, VX, ou gaz moutarde) en mixant des produits chimiques d'ici un mois.

La première phase a consisté à établir la liste complète des sites et réserves de produits toxiques.

Un responsable de l'OIAC à La Haye avait affirmé le 29 septembre que des "méthodes expéditives" seraient probablement utilisées dans un premier temps pour s'assurer que les sites ne sont plus utilisables, avant que des méthodes plus propres et durables ne viennent clôturer la destruction des sites.

"Des erreurs"

Au cours de l'interview accordée au Spiegel, le président syrien a par ailleurs reconnu des "erreurs" dans la gestion du début du soulèvement contre son régime en mars 2011.

"Nous commettons tous des erreurs. Même un président commet des erreurs", a insisté Bachar al-Assad, ajoutant toutefois que ses "décisions fondamentales étaient justes".

Interrogé sur un éventuelle responsabilité totale de l'opposition dans les massacres, M. Assad a répondu que "la réalité n'est pas noire ou blanche".

"Il y a aussi une palette de gris. Mais il est correct de dire que nous nous défendons", a-t-il poursuivi.

Selon le Spiegel qui cite les services de renseignement allemands, l'aviation de chasse syrienne serait stationnée en Iran pour se protéger d'éventuelles attaques étrangères.

Selon ce rapport du renseignement allemand, l'Iran aurait aussi envoyé des troupes d'élite du corps des Gardiens de la Révolution (Pasdaran) pour soutenir les forces syriennes.

Le conflit qui dure depuis mars 2011 a fait plus de 115.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se fonde sur un réseau de militants et de sources médicales dans le pays.

Deux millions de personnes ont fui la Syrie, et plusieurs millions ont été déplacés dans le pays.