Etats Unis : abus de confiance d'état

  • 16 août 2013

Dans une enquête exclusive publiée vendredi, le Washington Post indique que l'Agence Nationale de Sécurité (NSA), l'ancien employeur d'Edward Snowden, viole les lois et règlements auxquels elle est sensée être soumise.

D'après l'audit interne de la NSA obtenu par le quotidien américain, l'Agence Nationale de Securite a commis pas moins de 2776 infractions aux lois et règlements qui la régissent entre mai 2011 et mai 2012.

Rien que pendant le premier trismestre 2012, la NSA a commis près de 900 infractions, plus qu'au cours de chacun des trois trimestres précédents.

Ces infractions que la NSA appelle pudiquement des « incidents » sont des violations des lois sur le respect de la vie privée.

Des violations qui portent sur des décisions de justice rendues par le tribunal secret chargé d'autoriser les écoutes de la NSA, ainsi que des violations de différents règlements administratifs, y compris des décrets présidentiels.

En fait, sur les 900 infractions du premier trimestre 2012, près de 600 sont des violations de décrets presidentiels pris non seulement par Barack Obama, mais aussi par ses prédécesseurs.

Le rapport interne dévoilé par le Washington Post met la plupart des infractions sur le compte d'erreurs informatiques et d'erreurs humaines.

Ainsi, en 2008, un "grand nombre" d'appels téléphoniques émanant de la ville de Washington ont été surveillés après une erreur de programmation informatique qui avait substitué le préfixe téléphonique de la capitale américaine (202) à celui de l'Egypte (20).

Mais l'audit interne et d'autres documents top secrets consultés par le quotidien de la capitale américaine montrent que la NSA falsifie les rapports qu'elle est obligée de faire sur ses activités au ministère de la Justice, au directeur national des services secrets et au Congrès.

Le rapport souligne que les employés de la NSA ont reçu des instructions qui les invitent à falsifier leurs comptes-rendus, mais il ne précise d'où viennent ces instructions.

Selon les informations réunies par le Washington Post, les agissements de la NSA en question ont conduit l'agence à obtenir un accès illégal aux courriels et aux appels téléphoniques de milliers de citoyens américains, de titulaires de la « carte verte » (permis de travail et de séjour permanent) et d'autres érangers séjournant aux Etats-Unis.