Syrie : les réfugiés dans la précarité

  • 26 novembre 2012
Le sort des enfants est jugé peu enviable par les humanitaires

De loin, tout paraît normal dans le camp de l'Atma : des tentes regroupées tel un tableau de bord blanc sur le flanc de la colline en terre brune, des rangées vertes d'oliviers de chaque côté. Mais vu de près, c'est plutôt la misère

Il venait de pleuvoir. Les femmes étaient en train de ramasser des poignées de terre, construisant de petits barrages pour empêcher l'eau de pénétrer dans leurs tentes. Sur le haut de la colline, un groupe de personnes marchaient en titubant et en glissant sur la boue mélangée aux eaux usées.

"Tout le monde peut voir ce qui se passe ici. Quelqu'un va-t-il enfin nous aider ? s’exclame une femme. Elle était en colère du fait des journalistes étrangers occupés à filmer leur situation. Elle ne pensait nullement que leur activité du moment pouvait faire la différence.

"Nous n'avons pas de toilettes, pas d'eau, pas de nourriture», a déclaré une autre femme. "Notre situation est-elle acceptable? Vous nous regardez comme ça pendant deux ans. Vous, les Occidentaux, vous soutenez tous Bachar ».

Les gouvernements occidentaux ont, en fait demandé au Président Bachar al Assad de quitter le pouvoir. Mais ce ne fut pas pas comme au Kosovo lorsque des images de personnes affamées et mourant de froid, sans abris ont suscité une intervention étrangère.

Les chiffres sont certainement alarmants : 2,5 millions de personnes déplacées ; 400.000 réfugiés dans les pays voisins; 11.000 traversant la frontière en une seule journée.

Ces chiffres du Croissant-Rouge et des Nations Unies sont probablement sous-estimés.

Cependant, jusqu'à présent, beaucoup de ceux qui fuient la guerre civile ont trouvé refuge chez des amis et des proches , ailleurs en Syrie ou au-delà de la frontière.

Le camp d’ Atma, bien que pénible pour les visiteurs, est relativement petit.

Le nombre des occupants va probablement croître.

Ceci est important pour la suite des événements en Syrie comme l’a signalé un haut fonctionnaire britannique: selon lui, la diffusion continue des informations sur la situation des réfugiés pourrait déterminer la politique à suivre.

L'ONU prévoit que le nombre de réfugiés enregistrés en dehors de la Syrie atteigne à 700.000 d'ici la fin de l'année. La Turquie voisine - tout en soutenant généreusement de nombreux réfugiés – n’en veut plus et leur refuse, du coup, l’entrée.

Pour de nombreuses familles désespérées, fuyant de village en village, Atma est la dernière étape avant la Turquie.