La Turquie bombarde la Syrie

  • 4 octobre 2012
Akçakale en Turquie le 3 octobre 2012, après les tirs d'obus venus de Syrie.

L’artillerie turque a poursuivi jeudi ses bombardements sur des cibles en Syrie par delà la frontière, en riposte aux tirs syriens meurtriers sur le village frontalier d'Akçakale la veille, qui avaient fait 5 morts civils coté turc.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, la riposte militaire turque, qui a notamment visé une position de l'armée fidèle au président Bachar al-Assad dans la région de Rasm al-Ghazal, a tué "plusieurs soldats syriens".

Ankara a sollicité le feu vert de son Parlement pour poursuivre les bombardements et mener des opérations militaires en territoire syrien au nom de la "sécurité nationale", faisant ressurgir la menace d'une guerre entre les deux pays.

Le village d'Akçakale avait été touché par plusieurs tirs d’obus syriens mercredi.

La Turquie a saisi le Conseil de sécurité, qui va se réunir pour condamner l’incident.

Ankara demande au Conseil de sécurité de prendre les “mesures nécessaires” pour faire cesser “l'agression” syrienne.

L'OTAN solidaire

L’incident de mercredi est le plus grave depuis la destruction d'un avion turc par la défense antiaérienne syrienne en juin.

Les Etats-Unis et l’OTAN ont fermement condamné l’incident et affiché leur solidarité avec Ankara, pays membre de l'Alliance atlantique.

Les ambassadeurs de l’OTAN ont tenu une réunion d’urgence mercredi soir, à l’issue de laquelle ils ont déclaré dans un communiqué que "l'Alliance continue de se tenir aux côtés de la Turquie",et "exige la cessation immédiate de tels actes agressifs envers un Allié et exhorte le régime syrien à mettre fin à ses violations flagrantes du droit international".

"Incident tragique"

Les autorités syriennes ont assuré la Russie, son fidèle allié, que le bombardement en Turquie était un "incident tragique".

Moscou juge primordial que cela soit annoncé officiellement, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

A Ankara, des hauts responsables assurent qu’il veulent éviter une confrontation avec la Syrie, mais qu’il est important d’envoyer un message fort à l’encontre de Damas.

Les combats continuent de faire rage en Syrie dans les zones frontalières avec la Turquie entre les rebelles et les forces du régime, et rien n’indique que Damas ne soit disposé à cesser ses bombardements, avec le risque que des obus dépassent la frontière.

Le Premier ministre turc Recep Erdogan a déjà demandé, sans succès pour l’instant, la création d’une zone tampon par l’ONU en territoire syrien.