
Les négociations entre USA et talibans : une équation à multiples inconnue.
Le président afghan confirme, pour la première fois, que son gouvernement a entamé des pourparlers avec les talibans.
Dans un entretien au Wall Street Journal, Hamid Karzaï a indiqué qu'il avait commencé des pourparlers incluant trois parties - le gouvernement afghan, les insurgés talibans et les Etats-Unis.
Les insurgés talibans avaient jusque-là refusé d'engager des pourparlers avec le gouvernement d'Hamid Karzai qu'ils qualifiaient de marionnette.
Hamid Karzaï reconnaît que des contacts ont été établis entre le gouvernement américain et les talibans d'un côté, et entre le gouvernement afghan et les talibans de l'autre.
Le président afghan précise également qu'il y a eu des contacts entre les trois parties.
Hamid Karzaï estime que les talibans pourraient même accepter un accord qui permettrait une longue présence de soldats américains en Afghanistan.
C'est la première fois que le chef de l'Etat afghan admet publiquement que les pourparlers ont lieu.
Des responsables afghans avaient d'abord indiqué à la BBC qu'ils étaient en contact avec des dirigeants talibans aussi bien en Afghanistan qu'à l'étranger.
Hamid Karzaï effectue actuellement une visite de trois jours au Pakistan.
Kaboul espère que le Pakistan facilitera les contacts et le dialogue avec de hauts responsables du Quetta Shura - une organisation composée de dirigeants talibans.
Selon Kaboul, les responsables de cette organisation sont établis au Pakistan et contrôlés par les services de sécurité pakistanais.
Le Pakistan a rejeté les accusations de l'Afghanistan.
Dans cette interview, Hamid Karzai a déclaré que le Pakistan, je cite, "rendrait toute cette affaire plus facile pour nous, les talibans et les Etats-Unis".
Le président Karzai a également évoqué les longues négociations avec Washington concernant un partenariat stratégique après le départ des troupes combattantes américaines d'Afghanistan en 2014.
Les raids nocturnes effectués par les forces spéciales américaines et la question des prisonniers détenus par les soldats de l'Otan constituent toujours un grand obstacle à la conclusion d'un partenariat entre les deux pays.